Musique au NACC : La conspiration des corbeaux

12 septembre 2013
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Quel que soit le type de composition, folk, jazz ou électroacoustique, Carmen Braden s’inspire des sons du Canada subarctique. Comment le corbeau n’aurait-il pas pu être sa muse?
Photo : Denis Lord

Quel que soit le type de composition, folk, jazz ou électroacoustique, Carmen Braden s’inspire des sons du Canada subarctique. Comment le corbeau n’aurait-il pas pu être sa muse? Photo : Denis Lord

Le quatuor à cordes Penderecki interprète Carmen Braden

Sur plus de 36 CD, le quatuor à cordes Penderecki a interprété du Brahms et du Bartók, et un grand nombre de compositeurs canadiens. Sur la scène du Northern Arts and Cultural Centre, le samedi 21 septembre, le quatuor jouera en première mondiale The Raven Conspiracy, de la compositrice de Yellowknife Carmen Braden.
Les sons de l’Arctique occupent un espace privilégié dans les compositions et les divers travaux de Carmen Braden. Non seulement elle s’en inspire, mais elle les enregistre : oiseaux, bisons et même glace qui craque. Elle signe l’environnent sonore de la pièce multimédia Sedna, déesse de la mer, présentée du 20 septembre au 6 octobre au Segal Centre Studio de Montréal. On lui doit également des pièces de spoken word, de jazz, de folk et de musique classique.
Carmen Braden professe depuis sa prime jeunesse un immense intérêt pour les corbeaux. « Ils jouent un rôle spécial dans le Nord du Canada, dit-elle, à la fois joueurs de tours, compagnons et faiseurs de troubles. Depuis que je suis petite, c’est un des animaux que j’aime le plus observer et écouter. J’aime même leur parler! »
La compositrice connaît vraisemblablement les habitats privilégiés des corbeaux à Yellowknife et dans les alentours, comme la Ingraham Trail près de la mine Giant, et la colline près du lac Jackfish, les lieux où « ils aiment à se suspendre dans les courants de vent, à jouer et à danser ». « C’est en regardant ces congrégations de corbeaux, précise Carmen Braden, que j’ai eu l’inspiration pour écrire cette composition, qui suit le corbeau dans sa vie quotidienne, mais aussi dans son histoire mystérieuse. »
Le premier mouvement, intitulé Bâtons et os, retrace l’origine de cette gent ailée. C’est au centre de la Terre que le premier corbeau est apparu. Il était alors blanc. Mais son odyssée jusqu’à la surface de la Terre et au ciel l’a laissé carbonisé, les ailes en lambeaux. Second mouvement : Valse d’aile et de griffe. Au printemps, les corbeaux volent en belles formations, jouent dans le vent et courtisent leurs semblables. Ils se tiennent suspendus dans les hauteurs aussi longtemps qu’ils peuvent avant de plonger vers le sol, le bout de leurs ailes le touchant presque.
Le troisième et dernier mouvement est intitulé Quelque chose de brillant. « Les corbeaux sont toujours les charognards, écrit Carmen Braden, toujours les opportunistes. Ils cherchent constamment des distractions nouvelles et excitantes. Leurs chants sont bizarres, mais ont quelque chose qui tient de l’opéra. La seule chose qu’on peut prédire à propos de leur comportement est qu’il sera imprévisible. Ils me rappellent les humains! »