Élections fédérales : La consécration de la tendance orange?

02 septembre 2015
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OTTAWA – En sortant du lit le 3 mai 2011, soit au lendemain de la dernière élection fédérale, plusieurs candidats du Nouveau Parti démocratique (NPD) apprennent avec stupéfaction qu’ils ont été élus. Du même coup, la députation du NPD à Ottawa passe de 37 à 103 et la troupe du regretté Jack Layton forme, pour la première fois de son histoire, l’opposition officielle à la Chambre des communes. On a baptisé ce phénomène la « vague orange ».

Quatre ans et demi plus tard, cette fameuse vague orange ne semble pas vouloir s’essouffler, les plus récents sondages donnant le NPD gagnant aux élections du 19 octobre prochain. Si ce scénario se concrétise, un parti autre que les conservateurs ou les libéraux prendrait le pouvoir pour la première fois au Canada en près de 150 ans d’histoire.

Du même coup, certains candidats à qui on a accolé l’étiquette de « candidat poteau » en 2011, candidats que le premier ministre sortant et chef conservateur Stephen Harper a qualifié à la blague de cônes oranges en début de campagne, deviendraient ministres fédéraux.

Il s’agit là de toute une progression, compte tenu du fait qu’il y a quatre ans à peine, des candidats néo-démocrates sont passés, du jour au lendemain, d’étudiants, d’enseignants et de participants à des émissions de télé-réalité dans certains cas, à représentant du peuple. Bref, bon nombre de ces députés élus en mai 2011 n’affichaient pas le profil typique du politicien fédéral.

Situations farfelues

Cette vague orange du printemps 2011, qui s’est surtout fait sentir au Québec où 59 candidats néo-démocrates ont été élus, a donc envoyé à Ottawa une délégation importante de jeunes députés et d’individus ne disposant d’aucune expérience en politique. Résultat : certains porte-couleurs du NPD nous ont offert un spectacle pour le moins inusité.

L’enseignante à la retraite Lise St-Denis, par exemple, n’a mis que huit mois avant de claquer la porte du NPD pour joindre les rangs des libéraux, jugeant que les valeurs véhiculées par le Parti libéral reflétaient davantage ses propres convictions.

Par ailleurs, comment passer sous silence le cas d’une autre députée québécoise, Sana Hassainia? L’élue d’une quarantaine d’années, qui a fait beaucoup parler d’elle au cours de son mandat, a eu deux enfants durant ce même mandat et a affiché, et de loin, le taux d’absentéisme le plus élevé à la Chambre des communes.

Malgré son salaire annuel de députée s’élevant à plus de 160 000 $, Mme Hassainia était absente lors de votes en Chambre dans plus de 90 % des cas. Elle avait également soulevé une certaine controverse en allaitant son bébé lors des travaux parlementaires.

S’ajoutent à cela le départ du député de Sudbury Glenn Thibault en décembre 2014 au profit des libéraux provinciaux, celui de Jean-François Larose pour joindre un nouveau parti politique québécois, celui de l’Ontario Bruce Hyer à la suite de divergences d’opinions avec son chef, et l’expulsion du caucus néo-démocrate du député québécois José Nunez-Melo.

Ironiquement, le cas le plus médiatisé et le plus ridiculisé à la suite de l’élection de 2011, celui de Ruth Ellen Brosseau, s’est plutôt avéré une histoire à succès. Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour que les électeurs de Berthier-Maskinongé regrettent leur choix. Rappelons que la candidate néo-démocrate, qui travaillait dans un bar de l’Université Carleton à Ottawa, était en vacances à Las Vegas au moment de son élection dans cette circonscription où elle n’avait jamais mis les pieds. Qui plus est, la candidate était unilingue anglophone.

Prêts malgré tout

Depuis le début de la campagne, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair insiste néanmoins sur le fait que malgré que le premier mandat à la suite de la vague orange ait été marqué de quelques épisodes anecdotiques, ses candidats sont fins prêts à former le prochain gouvernement et, par le fait même, à assumer de plus grandes responsabilités.

Reste à voir si les sondages demeureront en faveur du NPD au fur et à mesure que la campagne progressera, ou si les électeurs canadiens se tourneront vers l’un des deux partis traditionnels.