Arts : La Grosse Différence, côté bulle et côté scène

06 mars 2014
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Les récits collectifs, comme celui présenté ici, sont une denrée peu commune en bande dessinée. L'illustration de couverture est signée Noam Duperré.

Les récits collectifs, comme celui présenté ici, sont une denrée peu commune en bande dessinée. L'illustration de couverture est signée Noam Duperré.

Aventures linguistiques et cocasses à Yellowknife
 

L'Association franco-culturelle de Yellowknife a parrainé une expérience peu commune dont on pourra bientôt goûter les fruits : la création d'une bande dessinée collective dont la trame narrative sera adaptée sur scène au Snowking.
C'est au cours d'une série d'ateliers donnés dès l'automne dernier par l'artiste Alison McCreesh que s'est élaboré La Grosse Différence, une bande dessinée en couleurs dont le thème, subvention oblige, était la dualité linguistique. Les participants — dont certains avaient déjà une pratique artistique — ont d'abord été initiés, avec bandes dessinées à l'appui, à différentes approches graphiques et narratives, bref à différentes façons de raconter une histoire. Ils ont ensuite élaboré collectivement un saynètes, qui, dans la proposition finale, prend la forme d'un récit de 16 pages composé de scénettes autonomes d'une à deux pages dessinées par Alison, Patrice Tremblay, Diane Boudreau, Ychao Chen, Natasha Bhogal, Joanne Allard, Alexandre Larouche et, le seul enfant du groupe, Noam Duperré. « C'est l'histoire, résume Alison McCreech, de deux personnages arrivant à Yellowknife. L'un a un emploi stable, l'autre n'a pas de travail, ne parle pas anglais, et a tendance à se mettre les pieds dans les plats. »
« Je n'avais jamais fait quelque chose de ce genre, commente l'illustratrice et artiste textile, mais ç’a été une super belle expérience et je recommencerais. Nous avons eu de la misère avec le thème au départ, mais finalement, il s'est bien inséré et je suis fière du résultat, ça se tient et c'est assez drôle. »

Côté scène
Le lancement de La Grosse Différence aura lieu lors de la première de son adaptation sur scène au Snowking, le 15 mars à 20 h 30, en première partie du spectacle de Daniel Roua. « Notre mandat, explique Natalie Labossière, qui est en quelque sorte la directrice artistique du projet, consistait à prendre la forme bande dessinée et à l'amener sur scène, où elle passe de deux à trois dimensions. Une quinzaine de personnes ont participé à des ateliers où nous avons développé, avec Yves Lécuyer, une série de sketchs inspirés de près ou de loin de la bédé, d'où ressort le thème de la différence, celle des langues, mais aussi celle entre les hommes et les femmes, entre les gens. »
La consultante et marionnettiste note également que l'adaptation théâtrale — baptisée La Big Différence — a conservé de la bande dessinée le caractère unidirectionnel des personnages et le fait que leurs quelques traits dominants sont exacerbés dans leur représentation sur scène. « Il n'y a même pas de place pour le décor au Snowking, rigole Natalie Labossière, et l'audiovisuel, avec la température, oublie ça! On mise sur le jeu des comédiens, sur l'humour, on interagira avec les gens dans la salle. »
Dans cette optique où le succès de la pièce repose sur les comédiens, Natalie Labossière apparaît satisfaite de sa troupe : « Patrice Tremblay, qui participe également à la bd, a une formation en théâtre et en multimédia. Il a le sens du timing et est hilarant. Gilles Amyot a beaucoup d'expérience de la scène et de l'aisance. Marie Venne montait déjà du Molière à Yellowknife il y a 20 ans. »
Une seconde représentation de La Big Différence aura lieu le 22 mars à 15 h, toujours au Snowking.