Publicité fédérale : La FANE à la rescousse des médias communautaires

27 août 2015
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Marie-Claude Rioux, directrice générale de la FANE. (Acadie Nouvelle : archives)

Marie-Claude Rioux, directrice générale de la FANE. (Acadie Nouvelle : archives)

La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse a déposé une plainte auprès du Commissariat aux langues officielles du Canada, dénonçant l’impact d’une décision fédérale sur les médias acadiens.
En 2013, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada a émis une directive encourageant les ministères fédéraux à publier leurs annonces sur Internet plutôt que dans les médias traditionnels.
En apprenant ce changement de direction au mois de juin dernier, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse a alors formulé une requête au Commissariat aux langues officielles. Depuis, la plainte a été jugée recevable.
« Nous estimons que cette directive vient priver nos médias communautaires d’une partie importante de revenus et qu’elle menace même leur existence », explique Marie-Claude Rioux, directrice générale de la FANE.
D’après Mme Rioux, les revenus issus des publications gouvernementales, comme des avis ou autres communications publiques, se sont effondrés à partir de 2013. Pour Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, ils seraient passés de 200 000 $ à 50 000 $ par année. Dans le cas des radios communautaires, ils auraient chuté d’environ 50 000 $ à 10 000 $.
Pour la Fédération acadienne, cette décision de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada contrevient directement à l’article 41 de la Loi sur les langues officielles, qui prévoit que le gouvernement fédéral doit favoriser l’épanouissement des minorités francophones du Canada, appuyer leur développement et prendre des mesures positives pour ce faire.
Le Commissaire aux langues officielles est désormais chargé de mener l’enquête, puis présentera ses recommandations au terme d’un processus de plus de six mois.
« Ce qu’on souhaite, c’est qu’il y ait une nouvelle politique d’émise, qui viendrait annuler la dernière et qui encouragerait les ministères et agences à utiliser les médias privilégiés par nos communautés acadiennes », précise la directrice générale.
Elle estime que les Acadiens de la Nouvelle-Écosse restent attachés et dépendants de leurs médias communautaires. « Prenons le cas d’un avis de tempête, le pécheur qui s’en va en mer, il ne vérifie pas Internet, il écoute sa radio communautaire. Même chose pour les lieux de pêche autorisés, c’est extrêmement difficile à trouver alors qu’autrefois, ça remplissait les pages du Courrier de la Nouvelle-Écosse. »
Marie-Claude Rioux regrette également que la population n’ait pas été consultée. « La Loi sur les langues officielles est quasi-constitutionnelle, les gouvernements ont l’obligation de respecter cette loi-là. Il faut toujours faire passer en priorité les intérêts des communautés de langues officielles avant de décider de façon arbitraire comment est-ce qu’on coupe, sans poser la question pour savoir quel sera l’impact sur les communautés. »