Élections fédérales : L’unité canadienne en français…

24 septembre 2015
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La place du Québec dans le Canada refait surface avec toutes ses incertitudes pour la francophonie canadienne. Justin Trudeau et Thomas Mulcair l’ont d’abord évoquée dans leurs discours électoraux, avant que Jean Chrétien monte sur scène à son tour pour signaler le risque de « perdre un pays que l’on a bâti pendant 147 ans ».
Fidèle à sa lignée, Justin Trudeau respecterait la Loi sur la clarté, qui exige une forte majorité pour permettre la sécession. Le chef néo-démocrate, pourtant Anglo-québécois, accepterait la majorité plus un, que les souverainistes sont passés à un cheveu d’obtenir en 1995. Quant au Bloc Québécois, il reproche à Thomas Mulcair de tenir un double langage, l’un pour le Québec, l’autre pour l’extérieur. « Thomas » et « Tom », dit Gilles Duceppe.
Il faut aller au-delà des mots pour comprendre comment le fait français a abouti sur les tribunes en cette campagne électorale. Il y a fort à parier que l’intention première des chefs n’était pas d’en souligner l’importance. Cela sent plutôt la stratégie à plein nez. En campagne électorale, chaque mot est pesé. L’unité de mesure se calcule en votes potentiels.
Par sa prise de position, Justin Trudeau plait à la frange fédéraliste québécoise et aussi au reste du Canada, toutes langues confondues. Thomas Mulcair, de son côté, joue dans la talle que le Bloc québécois a laissée à son parti en 2011 et qu’il tente de conserver.
C’est ainsi nous nous retrouvons dans ce débat difficile pour tous les Francophones au pays, à savoir l’option qui permettra le meilleur essor de la francité en terre d’Amérique.
La question, en sourdine ces dernières années, est loin d’être réglée. Non seulement parce que l’actuelle campagne l’a réveillée, mais surtout parce que les Québécois en parlent. Le premier ministre Philippe Couillard vient de faire l’éloge du fédéralisme pour la cote de crédit du Québec. À Toronto, en mai dernier, il a vanté « l’atout francophone » pour le Canada entier.
Ces paroles n’ont certes pas soulevé la déferlante que l’on aurait vue au plus fort des anciens débats référendaires, mais les Québécois sont prêts à en découdre. Car, en face, Pierre Karl Péladeau ne mâche pas ses mots. Ses intentions sont connues, il veut faire porter les prochaines élections sur la tenue d’un troisième référendum.
Quant à savoir s’il réussira, c’est une autre affaire. Cela dit, il y mettra certainement toute l’énergie dont il est capable. Sa feuille de route n’est pas celle d’un gars habitué à l’échec qui se contente d’une seule intention. C’est le moins que l’on puisse dire… Assurément, la question va bien au-delà des discours électoraux et s’apprête à peser à nouveau bien lourd sur la scène canadienne.
Le Canada, que l’on dit parfois anglais, et le Québec comptent certainement des dizaines milliers de cousins de troisième et quatrième génération. Les adultes d’aujourd’hui sont nombreux à avoir le souvenir d’un grand-père ou d’une grand-mère qui venait du Québec. Mais, de génération en génération, chacun a évolué à sa façon.
De part et d’autre, on veut faire vivre le français de ce côté-ci de l’Atlantique. On s’entend là-dessus. Mais pour le reste, à chacun son halage.
Nous formons peut-être une famille unie par la langue française, mais les désaccords sont criants quand il faut parler de l’avenir. La majorité des Québécois francophones a voté oui en 1995, alors que la Fédération des communautés francophones et acadiennes s’était prononcée pour le non, en conférence de presse à Ottawa…Eh oui… La capitale d’une terre étrangère pour le souverainiste, mais le chez-soi des autres Francophones du Québec et du pays.