L’un des groupes à risque au Canada : les Autochtones

29 novembre 2002
0 Commentaire(s)
La récente déclaration du premier ministre du Nunavut, Paul Okalik, sur l’absence de relations homosexuel les dans les prisons du territoire, a soulevé un débat de fond sur l’approche des Autochtones en matière d’habitudes sexuelles et de comportements sociaux. Selon le premier ministre, les prisons n’ont pas besoin de distribuer de condoms ou de seringues, car les prisonniers n’utilisent que très peu de drogues injectables et n’ont jamais de rapports sexuels avec une personne du même sexe.

Pourtant, selon les données récentes de Santé Canada, les Autochtones au Canada représentent l’un des groupes les plus à risque face à l’épidémie du VIH. Parce qu’ils sont sur-représentés au sein de plusieurs groupes à risques, comme chez les utilisateurs de drogues injectables ou dans les institutions carcérales, la proportion de cas de VIH est élevée et augmente depuis quelques années. En date du 31 décembre 2001, sur les 18 026 cas de sida déclarés au Canada, 437 étaient des Autochtones. Selon ces données, la proportion annuelle des cas de sida attribués aux Autochtones s’est accrue, passant de moins de 1 % avant 1990 à 10 % en 1999. La maladie touche plus particulièrement les hommes ayant des rapports homosexuels (47,7%) et les hommes utilisant des drogues injectables (26,9%). Du côté des femmes, l’utilisation de drogues est également le premier facteur de contamination (64,9%).

En comparant les données avec les mêmes groupes chez la population non autochtone, le sida semble s’attaquer plus particulièrement aux femmes et aux jeunes de moins de 30 ans.

Les cas de VIH sont aussi en augmentation chez les Autochtones, passant de 1430 cas en 1996 à 2740 en 1999, soit une augmentation de 91 % au cours de cette période de trois ans.

Santé Canada estime toutefois que ces données peuvent ne pas être précises, compte tenu du fait que seules les personnes ayant passé un test de dépistage font partie des statistiques. Autre facteur important, le recensement de données à l’échelle des provinces et territoires ne tient pas toujours compte de l’appartenance ethnique.