Immigration : L’intégration, c’est l’histoire d’une vie

27 septembre 2012
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Vincent Favre reçoit une épinglette du drapeau canadien lors de sa cérémonie de citoyenneté. (Courtoisie NR)

Vincent Favre reçoit une épinglette du drapeau canadien lors de sa cérémonie de citoyenneté. (Courtoisie NR)

Les Territoires du Nord-Ouest accueillent 32 nouveaux citoyens canadiens.

Ils résident à Yellowknife depuis plusieurs mois ou plusieurs années, mais depuis le 15 septembre, ils sont officiellement des citoyens canadiens. Trente-deux nouveaux résidents ont ainsi été conviés à la cérémonie de la citoyenneté qui se déroule une fois par an dans l’immeuble Greenstone, un des lieux de services du gouvernement fédéral dans la capitale ténoise. Trois personnalités des TNO se sont relayées pour souhaiter la bienvenue à ces hommes et ces femmes qui ont choisi les Territoires pour lieu de résidence. Le commissaire des TNO, M. Tuccaro, le député fédéral du Western Arctic, M. Bevington, ainsi que le maire de Yellowknife, M. Von Tighem, ont prononcé des discours accueillants.
Parmi ces nouveaux citoyens qui provenaient de 19 pays différents, un français du nom de Vincent Favre s’est senti honoré d’obtenir ce nouveau statut. « C’est beaucoup de fierté d’obtenir cette citoyenneté. C’est encore un peu troublant de se dire que j’ai deux citoyennetés, une française une canadienne. C’est un aboutissement. »
Ce travailleur qui est arrivé à Toronto en 2006 explique le processus qu’il a suivi, avec l’obtention de la résidence permanence précédant sa demande de citoyenneté. « Dans mon cas, la résidence permanence a été assez simple. C’est un processus où il faut beaucoup de documentation, il faut prouver que l’on parle soit le français, soit l’anglais. Il faut passer des tests médicaux, comme des radios des poumons pour prouver que l’on n’a pas la tuberculose. C’est assez compliqué… Alors que la citoyenneté est un processus qui prend du temps, mais qui est simple. Il faut un minimum de trois ans sous visa permanent pour demander la citoyenneté. Après, il y a un dossier à remplir, on l’envoie et ça prend… x temps à être traité. Moi, dans mon cas, ça a pris un an et demi. »
Pour Vincent Favre, une seconde citoyenneté n’était pourtant pas quelque chose de tout tracé. Il explique que c’est après s’être marié à une Canadienne originaire des TNO, et avoir eu un premier enfant qu’il s’est dit que sa vie allait s’écrire au Canada. « Ma vie est ici, elle n’est plus en France. J’ai envie de participer, j’ai toujours été engagé politiquement en France alors j’ai envie de l’être ici », dit-il. Ce nouveau Canadien souligne ainsi la véritable différence de statut entre la résidence et la citoyenneté. Il faut être citoyen pour voter ou devenir membre d’un parti politique, ce qui représente une sorte d’intégration au système canadien. Mais selon lui, il n’y a pas que l’engagement politique pour se sentir intégré, il y a le temps également. Car si, pour lui, l’intégration est synonyme de respect du pays et de ses lois, elle est aussi dépendante de sa participation à la collectivité, à la rencontre des autres Canadiens, et cette intégration peut prendre du temps, « Toute une vie, peut-être! ».