Projet gazier du Mackenzie : L’idée, mais pas la forme

18 novembre 2010
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Les gouvernements fédéral et territorial acceptent l’intention de 77 recommandations dans leur réponse finale à l’Office national de l’énergie.

Peu de choses ont changé entre la version provisoire des deux gouvernements publiés en mai 2010 et la réponse
finale rendue à l’Office national de l’énergie (ONÉ) le lundi 15 novembre. Mais pour le ministre de l’Environnement ténois, Michael Miltenberger, la réponse finale des gouvernements marque une amélioration certaine.
« Si vous regardez notre réponse, nous avons amélioré le phrasé, nous avons éliminé les ambiguïtés, nous avons clarifié de nombreuses préoccupations qui ont été soulevées par rapport à la façon dont les choses avaient été présentées, ainsi que les zones grises », a-t-il répondu en conférence de presse, lundi après-midi.

Dans leur réponse, les gouvernements estiment que leur document respecte l’intention globale et les recommandations attachées du rapport de la Commission d’examen conjoint. Ils avancent que « la mise en œuvre de la réponse éliminerait ou réduirait toute incidence négative importante du projet gazier Mackenzie. » Pour Kevin O’Reilly, du groupe Alternative North c’est exactement ce qui le révolte : « Ils ont pris l’approche inverse de la Commission d’examen conjoint. La Commission disait que si toutes ses recommandations étaient mises en place, ce projet de gazoduc traversant les Territoires perpétuerait des bénéfices durables aux résidents du Nord et pour l’économie du Nord tout en respectant son environnement. Eux, ils disent finalement aux promoteurs de ce projet, d’aller de l’avant avec leur gazoduc et que eux s’assureront d’en atténuer les conséquences. »

Sur les 115 recommandations que la Commission d’examen conjoint leur a adressé, les gouvernement proposent d’« accepter » ou d’« accepter l’intention » de 88 recommandations dans leurs compétences respectives. « Dans plusieurs cas, il y a de bonnes idées, d’autres choses seront étudiées sous d’autres processus à travers le travail que nous entreprenons de toute façon sur les procédés environnementaux ou sur la santé. Et c’est pourquoi nous acceptons l’intention de ces recommandations », explique le ministre Miltenberger. Finalement, onze d’entre elles sont acceptées comme formulées par la Commission d’examen conjoint, alors que dans leur réponse provisoire, les gouvernements en acceptaient que dix telles que formulées. Ainsi ce sont 27 recommandations qui ont été rejetées. « Nous avons rejeté certaines recommandations qui étaient adressées à d’autres provinces, comme à l’Alberta par exemple, ou directement à l’Office national de l’énergie », répond le ministre ténois. Malgré plusieurs semaines de retard, M. Miltenberger est fier
que les gouvernements aient réussi à fournir une réponse aussi rapidement.
« En comparaison [avec le temps que la commission a rédigé son rapport], nous avons rendu notre réponse à la
vitesse de la lumière », avance-t-il, en mentionnant que les promoteurs ont déjà dit qu’il leur faudrait deux autres années pour décider de construire le gazoduc advenant une réponse positive de l’ONÉ.

Le nouveau ministre de l’Environnement du Canada, John Baird, a quant à lui déclaré lors d’une autre conférence
de presse que le gouvernement du Canada avait accepté le plus gros de ces recommandations, sinon la totalité
de leur intention. « Celles que nous n’avons pas acceptées tombaient en dehors du cadre », a-t-il dit le jour même
de la publication de la réponse. L’Office national de l’énergie a réaffirmé mercredi qu’il sera en mesure de publier ses « Motifs de décision » dans un mois tout au plus. Sans diminuer la valeur de la réponse des gouvernements, l’ONÉ estime qu’il a déjà bien étudié les autres documents que les multiples parties impliquées lui ont soumis.