Dossier Animaux : L'homme: l'ami du chien?

23 août 2012
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Une abondante population de chiens et de chats vit dans le Nord. Pour les propriétaires, il n’est pourtant
pas toujours aisé d’obtenir les soins nécessaires et de ne pas choisir l’alternative, si facile, de l’abandon.

Il n’est pas rare d’apercevoir un chien errant ou un chat vagabond aux Territoires du Nord-Ouest. Les propriétaires irresponsables ne sont pas les seuls à porter le blâme. Le manque de vétérinaires permanents dans plusieurs collectivités et le va-et-vient des résidents du Nord sont, entre autres, la cause de ces animaux abandonnés. Pourtant, des organismes comme la Société canadienne pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) font un important travail de sensibilisation auprès de la population et prennent en charge les chiens et chats errants. Cependant, beaucoup d’éducation reste encore à faire.
« Être vétérinaire dans le Nord est un véritable défi. La population d’animaux domestiques est très élevée. Les gens ne s’occupent pas autant de leurs animaux que dans le Sud. Les distances sont aussi un problème », souligne le docteur Tom Pisz, pratiquant à l’Hôpital vétérinaire Slave Lake.
Le vétérinaire, qui pratique depuis plus de vingt ans au-dessus du 60e parallèle, se désole grandement de la quantité d’infections, notamment le Parvo (parvovirus, infection très contagieuse qui touche surtout les chiots), en raison du faible taux de vaccinations. La surpopulation joue aussi un rôle considérable dans la situation.
« Parfois les animaux arrivent à la clinique avec un état infectieux très avancé parce que les propriétaires ont tenté de les soigner eux-mêmes », s’inquiète M. Pisz.

Vétérinaire recherché
Les TNO sont vastes et la plupart des collectivités en périphérie de la capitale n’ont pas la chance d’être desservies par un vétérinaire permanent. L’an dernier, le médecin résident d’Inuvik, Peter Krizan, a dû quitter la région. La région de Beaufort-Delta se retrouvait donc sans vétérinaire sur place. Une organisation a alors été mise sur pied afin de pallier le manque. Arctic Paws a ainsi été créé grâce aux efforts d’Angela McInnes.
« Nous sommes un organisme qui recueille des dons afin de faire venir un vétérinaire de Calgary qui stérilise chiens et chats », explique la directrice de l’organisation. La collectivité d’Inuvik s’est rapidement regroupée pour soutenir Arctic Paws en faisant des dons, en libérant des locaux pour les opérations ou en donnant des heures de bénévolat.
Le médecin Krizan est maintenant de retour à Inuvik et salue l’initiative de la collectivité.
« J’apprécie énormément ce qu’Arctic Paws a fait, c’était la bonne chose à faire. La population avait besoin d’un vétérinaire », dit-il.
M. Krizan parcourt à l’occasion les collectivités Beaufort-Delta pour soigner les animaux, une démarche qu’il effectue à ses frais.
« Lorsque j’étais à l’école vétérinaire, je disais que je voulais offrir mes services dans des endroits où il y n’y avait pas de médecin disponible. Cependant, ce n’est pas toujours facile de venir en aide et d’avoir des prix raisonnables », ajoute-t-il.
Effectivement, les coûts élevés de traitement pour les animaux rebutent certains propriétaires qui peuvent décider d’abandonner ou pire encore, d’abattre leur chien ou chat souffrant.