Société : L'histoire des Noirs fait jaser

08 mars 2012
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Lian Goodall a fait une présentation aux les élèves de la 9e à la 12e année, le vendredi 24 février à l’école francophone Allain St Cyr, sur la lecture et sur l’histoire des Noirs au Canada, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. (Photo : Courtoisie de VM)

Lian Goodall a fait une présentation aux les élèves de la 9e à la 12e année, le vendredi 24 février à l’école francophone Allain St Cyr, sur la lecture et sur l’histoire des Noirs au Canada, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. (Photo : Courtoisie de VM)

L’écrivaine Lian Goodall était de passage aux Territoires du Nord-Ouest en février afin de discuter du Mois de l’histoire des Noirs dans les écoles.

Aux quatre coins du monde, le mois de février est considéré comme le Mois de l’histoire des Noirs, notamment en ce qui a trait à leur lutte pour se sortir de l’esclavage.
L’ancien président des États-Unis, Abraham Lincoln, s’est imposé comme l’un des grands abolitionnistes de l’esclavage, entre autres, d’où le fait que ce fut le mois de février qui a été choisi, mois d’anniversaire du président.
La Semaine de l’histoire des Noirs, changée plus tard pour le mois complet, est apparue en 1926 grâce à l’historien Carter G. Woodson.
Même si l’histoire des Noirs n’est pas aussi riche qu’aux États-Unis, certains personnages se sont démarqués au Canada pour leur persévérance à faire valoir leurs droits, comme Portia White.
L’écrivaine ontarienne Lian Goodall a publié un livre racontant la vie de Portia White, cette cantatrice noire qui a lutté afin de pouvoir exercer son métier, autrefois impossible pour les Noirs.
« C’est un éditeur qui m’a appelée et il me demandait d’écrire sur ce je voulais, raconte l’écrivaine. J’ai eu envie d’écrire sur l’histoire d’une Noire au Canada. C’est quelque chose qui n’avait jamais été fait avant. Au départ je ne savais pas sur qui, puis c’est devenu clair que je devais écrire sur Portia White. »

Faire face à la musique

Portia White s’est fait connaître surtout à l’époque de la Deuxième Guerre mondiale en tant que chanteuse.
Elle est née en Nouvelle-Écosse, à l’époque où les Noirs étaient employés à Halifax pour construire la province.
À ce moment, il n’était pas bien vu pour une femme noire qu’elle exerce des métiers comme infirmière ou chanteuse.
Ainsi, Portia White s’est improvisée enseignante dans une école réservée aux Noirs, même si elle avait toujours eu le rêve de devenir chanteuse.
Il semblait bien que son rêve était destiné à devenir réalité puisqu’à peine âgée de 17 ans, elle fait une percée musicale lors du Festival de musique de la Nouvelle-Écosse.
Par la suite, sa carrière a pris de l’expansion et elle s’est imposée comme l’une des meilleures chanteuses contraltos de la musique classique canadienne.
« L’histoire des Noirs au Canada, c’est plus léger qu’aux États-Unis, affirme Lian Goodall. Il y a plus de respect ici, même s’il y avait beaucoup de limitations à l’époque de Portia White. »

Le goût de lire et écrire

Le coordonnateur de Santé TNO, Jean-de-Dieu Tsuyishime, soulève la question à savoir s’il est toujours d’actualité de parler de l’histoire des Noirs ou si le sujet est devenu en quelque sorte une stigmatisation des Noirs dans la société.
L’écrivaine bilingue lui répond qu’il y a toujours un besoin de mettre en vedette des gens comme Portia White.
Lian Goodall était à Yellowknife pour parler de l’histoire des Noirs, mais aussi parce qu’elle motive les jeunes à vouloir écrire et lire plus souvent.
« L’avantage, c’est qu’elle est complètement bilingue, croit l’agent de projets de la Fédération franco-ténoise, Vincent Méreau. Elle est capable de familiariser l’écriture et l’adapter, tout en présentant l’intérêt de ses livres pour les enfants. »
L’auteure affirme que son approche auprès des jeunes se fait d’abord en parlant d’elle-même.
« La première chose dont je parle avec les jeunes, c’est de ma vie, affirme-t-elle. Je leur dis que ce qui est le plus important c’est la persévérance. J’ai dû écrire 500 lettres avant d’obtenir ma première chronique dans un journal. Il faut continuer à suivre ses rêves. »
Elle leur demande aussi s’ils tiennent un journal intime, surtout lorsqu’elle s’adresse à des adolescents de 12 ans.
Selon elle, c’est quelque chose qui les intéresse puisque cela parle de leurs propres expériences.
« J’écris des livres qui sont souvent dirigés vers les enfants, fait valoir Lian Goodall. Je peux écrire pour les adultes, mais je crois que j’ai un don pour écrire pour cet âge-là. Pour moi ce qui est important, alors que j’ai écrit durant quatre ou cinq ans, c’est d’écrire l’histoire de jeunes Canadiens. C’est ce qui m’intéresse le plus et qui m’engage et je dirais que c’est ma passion. »