Élections fédérales : L’heure des listes d’épicerie

10 septembre 2015
0 Commentaire(s)

OTTAWA – Dans tout régime démocratique, c’est une pratique qui existe depuis que l’on y fait de la politique. On parle ici de la divulgation des listes d’épicerie portant sur divers sujets. Et dans le cadre de la présente campagne électorale, force est d’admettre que ces fameuses listes sont nombreuses.

Le principe est simple. Avant chaque élection, les électeurs, souvent représentés par un groupe s’exprimant en leur nom, soumettent leurs demandes aux candidats et aux partis désirant accéder au pouvoir. À partir des réponses et des promesses formulées face à ces demandes, les électeurs arrêtent ensuite leur choix.

Le fait que le Canada soit plongé dans la plus longue campagne électorale de son histoire n’aidant en rien la multiplication des listes de priorités de chacun, on note que plusieurs groupes ont déjà dressé et soumis leur liste respective aux principaux partis politiques. C’est entre autres le cas des municipalités, des Premières Nations, des jeunes, des gens d’affaires, des gouvernements provinciaux, des syndicats, des fonctionnaires et des artistes.

Loin d’être en reste, la francophonie hors Québec s’assure à chaque élection fédérale de transmettre ses doléances aux partis et aux candidats qui se présentent dans des circonscriptions où l’on compte une large proportion de francophones. Cette année, la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) du Canada a même entrepris cet exercice avant le déclenchement des élections.

En effet, la FCFA a tenu, en juin dernier, un panel sur la dualité linguistique et les langues officielles. Les principaux partis fédéraux y étaient représentés par Bernard Trottier du Parti conservateur, Stéphane Dion du Parti libéral et le député néo-démocrate sortant Yvon Godin, qui ne sollicite pas de nouveau mandat.

Un exercice constant
Preuve que la FCFA juge important de faire part de ses revendications aux principaux partis de façon régulière et non seulement en période de campagne électorale, l’organisme porte-parole des francophones hors Québec n’enverra pas cette année de questionnaire portant sur les enjeux propres aux minorités linguistiques. On n’entend pas tenir de débat non plus.

« Nous fonctionnons de façon quelque peu différente cette année. Au lieu d’envoyer un questionnaire, nous avons passé les six premiers mois de l’année à rencontrer des parlementaires de tous les partis pour discuter avec eux de nos priorités pour leurs plateformes électorales », explique le directeur des communications de la FCFA, Serge Quinty.

Lors de ces rencontres, la FCFA dit avoir identifié trois priorités. L’une de ces priorités vise le plein respect de la Loi sur les langues officielles de la part des agences et ministères fédéraux. On demande aussi une reconnaissance de la spécificité des réalités et des besoins des communautés et un appui adapté à ces réalités et à ces besoins, notamment en matière de recrutement d’immigrants francophones. Quant à la troisième priorité, il s’agit d’un plaidoyer pour un financement accru pour les organismes, les centres culturels, les médias et autre institution desservant les communautés francophones.

En plus de ces trois grandes priorités, la FCFA a envoyé des lettres à chaque parti afin de connaître leur position sur l’avenir de Radio-Canada. Selon la FCFA, le diffuseur public ne dispose tout simplement plus des ressources nécessaires afin de s’acquitter pleinement de son mandat.

Une fois que la plateforme électorale de chaque parti aura été dévoilée, et que les formations politiques fourniront des réponses à la FCFA, l’organisme estime qu’il sera davantage en mesure de se faire une idée de l’importance que les partis accordent aux enjeux des francophones vivant en situation minoritaire.

Outre la FCFA, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) a invité les partis dans la course à s’exprimer sur le sort que réserverait leur parti à la culture au sein des communautés francophones. Le Parti libéral et le nouveau Parti démocratique se sont déjà prononcés à ce sujet et la FCCF attend les autres réponses.

Enfin, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) a elle aussi formulé quelques recommandations aux partis et aux candidats. Parmi ces recommandations, on retrouve celle visant à faire passer de 18 à 16 ans l’âge légal pour voter, de même que celle qui doublerait le budget consenti à la Stratégie emploi jeunesse.