Monitrice de français à Hay River : L’expérience nordique de Klaudia Mika

21 novembre 2013
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Les chiffres en français n’auront plus de secret pour les jeunes de l’école primaire Harry Camsell grâce à leur monitrice, Klaudia Mika. (Photo SIF)

Les chiffres en français n’auront plus de secret pour les jeunes de l’école primaire Harry Camsell grâce à leur monitrice, Klaudia Mika. (Photo SIF)

 

« Dix! Deux! Sept! » crient quelques jeunes de l’école Harry Camsell lorsque Klaudia Mika anime un jeu sur les nombres. Les enfants qui réussissent à nommer le chiffre le plus rapidement possible, dans cette langue qu’ils connaissent à peine, ont le droit de le coller sur le tableau. C’est en s’amusant qu’ils découvrent du nouveau vocabulaire avec leur monitrice de français.

Les élèves de maternelle à 10e année des écoles anglophones de Hay River rencontrent régulièrement Klaudia depuis septembre dernier. La jeune femme de 33 ans, d’origine allemande et polonaise, passera neuf mois à Hay River, en tant que monitrice de français, l’une des cinq langues qu’elle parle couramment. Elle travaille 25 heures par semaine à créer, préparer et animer des activités pour les élèves qui ont choisi d’étudier le français comme langue seconde. Elle comprend bien le cheminement d’apprentissage d’une autre langue, puisqu’elle-même ne communiquait pas dans la langue de Molière à son arrivée au Québec en 2009. Ayant déjà fait des études en administration, informatique et logistique en Allemagne, elle a travaillé dans une boulangerie et suivi des cours de francisation à Montréal, avant d’entreprendre une attestation d’études collégiales en éducation à l’enfance. Son expérience auprès de la jeunesse se continue ici, alors qu’elle organise des activités axées surtout sur l’expression orale. Des saynètes et des quiz sont régulièrement à l’horaire, tout comme la culture francophone, grâce à des films pour adolescents ou la musique de Zaz, Koriass et le classique de Frère Jacques pour les tout-petits.

Quitter la métropole québécoise pour les Territoires du Nord-Ouest pourrait sembler extrême pour certains, mais c’était le premier choix de Klaudia. Une fois sa demande acceptée, elle avait le choix entre quatre collectivités ténoises et elle a choisi Hay River, parce qu’elle voulait vivre dans une petite ville et préférait travailler avec des jeunes qui ne sont pas en immersion. Cette réalité lui amène parfois des défis considérables, comme le niveau de motivation variable de certains élèves et le temps très restreint qu’elle a avec chacun des groupes chaque semaine. Elle doit donc être prête à s’adapter rapidement et avoue préparer plus d’activités que ce que le temps lui permet de faire, afin d’avoir la flexibilité nécessaire selon l’ambiance de la classe. Elle apprécie beaucoup la simplicité et l’ouverture de ces jeunes et des gens en général. « Tout le monde se connaît et tout est proche. Je rencontre les enfants avec leur famille et ils me disent toujours bonjour en français, même en dehors de l’école », précise-t-elle, émerveillée par sa collectivité d’accueil.

Klaudia Mika profite au maximum de son passage à Hay River. En plus de son travail dans les écoles, elle enseigne la natation à des adultes, elle a instauré le compost à l’école secondaire, elle a bien sûr visité les villes avoisinantes, elle s’implique dans l’Association franco-culturelle en plus d’avoir une vie sportive et sociale bien remplie. En attendant sa citoyenneté canadienne, l’idée de se diriger vers un domaine où elle travaillerait plus individuellement avec les jeunes lui trotte dans la tête, tout comme celle d’être monitrice de langue une année de plus.