École Boréale : L'art, la langue et les enfants

25 septembre 2014
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Véronique Thiffault -alias Madame Vé- au milieu de la classe de 5e et 6e année. Au menu: art et expression théâtrale. (Véronique Thiffault)

Véronique Thiffault -alias Madame Vé- au milieu de la classe de 5e et 6e année. Au menu: art et expression théâtrale. (Véronique Thiffault)

L'art aide les élèves à développer leur expression orale

Avec Véronique Thiffault, l'École Boréale de Hay River a la chance d'accueillir dans son personnel une enseignante expérimentée, polyvalente et créative.
La nouvelle monitrice de langue et enseignante d'arts plastiques a eu plusieurs vies, auxquelles correspondent peut-être ses multiples noms. Celle que ses élèves appellent Madame Vé est aussi Véronique Thiffault, mais encore Véronique Tifo, une peintre à qui on doit plusieurs expositions collectives et solos, et qui s'est intéressée à la symbolique et à l'inconscient collectif.
Exténuée par la vie montréalaise, Véronique a tout vendu, tout quitté pour vivre quelque chose de neuf, elle pensait même abandonner sa pratique artistique. Mais ce n'est pas sans bagages qu'elle est arrivée ici, puisqu'elle a enseigné durant 20 ans aux enfants, mais aussi à l'université, créant même en 2005 sa propre école de peinture actuelle, Uterum.
Si c'est d'abord en tant que monitrice de français qu'elle est venue à Hay River, les cadres de Boréale n'ont pas manqué de mettre à profit les autres aptitudes de Véronique, des champs de compétences qui, finalement, ne sont pas si cloisonnés. « L'art, note-t-elle, aide aussi les élèves développer leur expression orale. J'ai un élève qui avait de la misère à s'exprimer en français, mais maintenant, dès qu'il est devant ses dessins et parle d'art, son français devient plus fluide. »

Pédagogie
Comme monitrice de langue, Madame Vé essaie dans la mesure du possible de troquer le didactique pour le ludique et met l'accent sur l'oralité. Elle utilise beaucoup le théâtre et l'improvisation, le dialogue et le jeu. Elle fait par exemple parler les élèves de choses personnelles, de leur communauté; elle leur demande de définir un objet comme si c'était une personne. Les exercices vont du très basique au plus compliqué, selon le niveau. « Je suis vraiment contente du fonctionnement des choses à l'école, résume Véronique Thiffault. Je suis en amour avec les enfants et en maternelle, je les ai vus évoluer en trois semaines. Ça va très vite. »
Véronique Thiffault a soif de découvertes. Elle connaît pas mal tout déjà des friperies, des sentiers et des groupes Facebook de Hay River, elle essaie de connaître les anglophones, pour ne pas rester cloîtrée, et attend le pont de glace pour rencontrer les communautés autochtones, un des points d'ancrage de son intérêt pour le Nord.