L’art de bien manger

15 mars 2002
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Des partenaires qui en ont mis plein la vue au public, le 5 et le 6 mars dernier, à l’Assemblée législative. Dans le hall, deux grandes tables ont été recouvertes de nourriture. D’un côté, l’équivalent de 535 dollars de produits alimentaires. De l’autre, l’équivalent de 900 dollars. « Nous voulons montrer aux gens ce que l’allocation réservée à l’alimentation peut acheter », explique Karen Hoeft, de l’Armée du Salut. Une famille de quatre, résidant à Yellowknife, reçoit 535 dollars par mois pour se nourrir. Selon une étude réalisée en 1998 par le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, un panier d’épicerie décent pour les résidents du Nord coûte en moyenne 900 dollars. « Regardez, avec le petit budget, il n’y a qu’une boîte de céréales pour un mois complet, s’insurge Karen Hoeft. J’ai trois enfants, et je sais que ce n’est pas assez. »

Un premier constat en observant les aliments est la qualité de la nourriture. D’un côté, du jus en poudre, des pains à hot dog et des frites. De l’autre, des fruits, des produits frais et moins de conserves. « Quand une famille a à choisir entre un sac de pommes ou un sac de patates frites, c’est l’aliment qui va mieux remplir l’estomac qui l’emporte », ajoute la représente de l’Armée du Salut. Celle qui ajoute que les familles à faibles revenus ont à faire face à un choix limité estime qu’il n’est pas facile de les éduquer pour qu’elles aient de bonnes habitudes alimentaires car ce sont des gens marginalisés. « Ces gens n’ont pas toujours le temps de cuisiner. »

Des programmes de soutien et d’éducation sont offerts par le Centre des femmes de Yellowknife, mais il n’existe pas de programme spécifique sur l’alimentation et la préparation d’aliments à moindre coût. Un coup de fil logé au Centre a permis de constater que les employés ne disent pas aux participants quoi acheter, mais essaient de les aider à faire un choix éclairé avec leur petit budget.

Les familles à faibles revenus de Yellowknife ont accès à une banque alimentaire ouverte deux fois par mois et à un programme d’aide alimentaire d’urgence offert par l’Armée du Salut.