La présidence du Conseil de l'Arctique passe aux États-Unis : L'accent sera sur l'environnement

30 avril 2015
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Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et la ministre canadienne Leona Aglukkaq

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et la ministre canadienne Leona Aglukkaq

IQALUIT, Nunavut - La ministre canadienne de l'Environnement Leona Aglukkaq, première autochtone à diriger le Conseil de l'Arctique, a officiellement cédé la présidence, vendredi, au secrétaire d'État des États-Unis, John Kerry.
Lors d'une rencontre à Iqaluit, au Nunavut, Mme Aglukkaq s'est dite fière, en tant qu'Inuite, d'avoir dirigé l'organisation réunissant les huit pays qui détiennent des territoires dans le Grand Nord.
Le Conseil de l'Arctique, qui coordonne la coopération entre ses membres et la recherche dans la région, doit continuer de tenir compte des inquiétudes et de l'expertise de ses habitants, selon la ministre Aglukkaq.
Elle a ajouté que « personne ne connaît mieux » que ses résidants cet environnement particulièrement glacial, caractérisé par des vents froid et une noirceur perpétuelle pendant une bonne partie de l'année.
Mme Aglukkaq s'est d'ailleurs félicitée d'avoir elle-même placé les préoccupations des habitants du Nord au centre de ses décisions, depuis qu'elle a été nommée présidente il y a deux ans.
Par exemple, de nouvelles études ont été commandées sur les enjeux de la région. Une recherche est actuellement en cours sur le noir de carbone - qui serait à l'origine de la fonte des glaces de mer - et sur la santé mentale.
« S'attarder au bien-être mental est une priorité personnelle », a-t-elle expliqué, précisant que le Canada avait suivi des recommandations pour considérer davantage les savoirs traditionnels autochtones.
La ministre a aussi supervisé la mise en place du Conseil économique de l'Arctique, où les principales entreprises de la région se rencontrent pour discuter de projets économiques.
Certains détracteurs ont toutefois remis en question la nécessité d'un tel forum, qui détourne le Conseil de l'Arctique de ses missions essentielles, telle que la recherche.

Leadership
Les États-Unis ont officiellement pris les rênes du Conseil de l'Arctique, vendredi, énonçant clairement leur intention de mettre de l'avant l'enjeu des changements climatiques plutôt que le développement économique - l'approche prônée par leur prédécesseur, le Canada.
Le secrétaire d'État John Kerry a promis aux membres de l'organisation réunis à Iqaluit, au Nunavut, que son pays se concentrerait sur l'étude des effets des changements climatiques dans les régions arctiques, qui auront des conséquences partout dans le monde, a-t-il souligné.
Il s'est aussi engagé à améliorer la protection de l'environnement, notamment en établissant des zones marines protégées. Les États-Unis travailleront également sur l'acidification des océans, une autre conséquence des émissions de gaz à effet de serre.
Par ailleurs, les États-Unis chercheront à trouver une nouvelle source d'énergie pour remplacer le diesel, qui est coûteux pour les habitants de la région et qui s'avère très polluant.
« Nous savons que c'est ambitieux. Nous devons être ambitieux (...) Ce n'est pas un défi de l'avenir. Ça arrive maintenant », a-t-il martelé.
Les pays membres du Conseil de l'Arctique - formé du Canada, des États-Unis, de la Russie, de la Finlande, du Danemark, de la Suède, de la Norvège et de l'Islande - organisent des réunions périodiques pour discuter de leurs intérêts communs dans le Nord.
Au passage, M. Kerry a remercié la ministre canadienne de l'Environnement, Leona Aglukkaq, qui a cédé la présidence du Canada après une contribution de deux ans.
« Ça a été une partie importante de l'histoire du conseil et ça nous a tous fourni une plateforme solide dont nous poursuivrons la construction », a-t-il indiqué.
Il a promis d'achever la création du Conseil économique de l'Arctique - qui permet aux principales entreprises de la région de se rencontrer pour discuter de projets économiques - et de tenter de réduire l'utilisation du noir de carbone, une substance qui contribue à la fonte des glaces.
La réunion du Conseil se tient par ailleurs en période de froid diplomatique entre le Canada et la Russie. Certains pays membres s'inquiètent de voir le pays de Vladimir Poutine organiser des activités militaires dans le Nord. Le ministre canadien de la Défense, Jason Kenney, a déploré les agissements « agressifs » de M. Poutine.
Mme Aglukkaq avait d'ailleurs assuré qu'elle profiterait de cette occasion pour faire part de ses critiques à son vis-à-vis, le ministre de l'Environnement russe Sergei Donskoi.