Le jour avant le lendemain : L’œuvre d’une francophone du Nord primé aux Jutra

04 mars 2010
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Crédit : Isuma

Crédit : Isuma

La coproduction Québec-Nunavut Le jour avant le lendemain est en lice pour quatre prix Jutra. Le film réalisé par la Québécoise Marie-Hélène Cousineau et l’Inuk Madeline Ivalu est en nomination dans quatre catégories, dont celui du meilleur film.

Le long-métrage de fiction a été tourné à Puvirnituq, dans le Nord du Québec,  avec des acteurs inuits. L’action se déroule dans le Grand Nord, vers 1840. Le film raconte l’histoire de deux clans isolés qui  se retrouvent pour célébrer l'arrivée de l'été. Au cours de la fête, un aîné raconte sa rencontre avec des hommes blancs. On démontre comment ce choc culturel bouleverse la vie des Inuits qui sont bientôt décimés par des maladies.

Ce troisième long-métrage des productions Isuma (Atanarjuat, Journals of Knud Rasmussen) se distingue des deux premiers parce qu’il a été scénarisé, réalisé et imaginé par des femmes. À compter des années 1990, Marie-Hélène Cousineau, qui réside maintenant à Montréal, a travaillé pendant plusieurs années avec les femmes de la communauté d’Igloolik, où elle a formé un collectif de cinéma indépendant.

« C’est un travail de collaboration, dit-elle de son film. J’ai travaillé avec Madeline Ivalu et aussi Susan Avingaq qui a co-scénarisé le film ». Elle souligne aussi le travail de la costumière, dont le travail lui a valu une nomination aux Jutra.

Même après avoir pris part à certains des festivals de films les plus prestigieux au Monde dont Sundance et le Festival international de films de Toronto, c’était une surprise pour Marie-Hélène Cousineau que de retrouver en nomination aux très québécois Jutra. Le film, explique-t-elle, a été mal distribué dans sa province d’origine et très peu de cinéphiles de la belle province ont eu la chance de le voir.

Elle estime que le nouveau système de mise en nomination l’a avantagé. Désormais, c’est un jury indépendant, et non plus les membres de l’industrie, qui est chargé de choisir les films en compétition. La réalisatrice se réjouit de voir que désormais les films moins connus, comme le sien, ont leur chance à ce gala.

Marie-Hélène Cousineau admet que c’est entre autres pour des raisons budgétaires que le film a été tourné au Québec plutôt qu’à Igloolik comme les deux précédents longs métrages d’Isuma. Le Québec offre des avantages fiscaux et tout un cortège de subventions pour les réalisateurs. Mais elle ajoute que de travailler avec cette communauté a été important pour elle, en tant que Québécoise qui a vécu dans le Nord.

Les Jutra, qui célèbrent le cinéma francophone canadien, seront remis lors d’un gala le 28 mars. Le film The Timekeeper du Québécois Louis Bélanger, dont l’Action se déroule aux Territoires du Nord-Ouest, est également en lice pour deux prix.