L’Assemblée en résumé

15 juillet 2005
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En français

Pour une rare fois à Yellowknife, des services en français étaient offerts sans qu’on ait à les exiger. L’APN, un organisme officiellement bilingue, offrait l’interprétation simultanée des débats en français et dans toutes les langues autochtones des TNO. L’assemblée était co-présidée par un francophone, Luc Laine, et par l’ex-premier ministre des TNO, Stephen Kakfwi, qui assurait la partie anglophone. Les documents officiels étaient également tous disponibles dans les deux langues et de nombreux employés de l’APN, de même que des délégués, étaient francophones.

En effet, de nombreuses communautés autochtones canadiennes, principalement celles du Québec, s’expriment plus couramment en français qu’en anglais. Un délégué francophone qui préfère garder l’anonymat a expliqué à ce sujet à L’Aquilon que les Premières nations francophones ont dû forcer la main de l’APN pendant de nombreuses années avant que leurs doléances soient entendues. Dans le milieu autochtone aussi, a-t-il laissé entendre, la place du français est en sursis.

Femmes

Cette assemblée de 2005 marquait le premier anniversaire de l’inclusion d’un Conseil des femmes au sein de l’APN. Tour à tour, les membres de ce Conseil ont souligné l’importance de la femme dans les sociétés autochtones.

« Le rôle de la femme est important à tous les niveaux : tant en éducation, en santé, du côté social et dans les questions touchants les ressources », a souligné Sylvie Bazier de la nation innue. « Je crois en l’implantation du Conseil des femmes », a ajouté celle qui représente sur ce Conseil la région du Québec et du Labrador.

Il a également été résolu de désigner le 5 octobre 2005 comme première journée annuelle des femmes des Premières nations.

Changements climatiques

Le réchauffement planétaire qui affecte gravement les peuples les plus septentrionaux de notre pays et change les habitudes des troupeaux et de ceux qui les chassent était également à l’ordre du jour. L’Assemblée a adopté une résolution demandant au gouvernement fédéral de consulter les Premières nations dans l’élaboration de leur stratégie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre responsable des changements climatiques. Les politiques fédérales en matière de changement climatique devront s’accompagner de moyens pour permettre aux communautés qu’ils affectent de s’y adapter, estime l’APN.

Pour en savoir plus sur l’implication des Premières nations au chapitre des changements climatiques, visitez le http://www.APN.ca/article.asp?id=748.

Déchets nucléaires

Les Premières nations sont également préoccupées par la gestion des déchets nucléaires. À l’heure où le Canada s’apprête à élaborer un plan d’action pour la gestion des déchets radioactifs provenant des quelques centrales énergétiques nucléaires que l’on retrouve au pays (en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick), l’APN entend avoir son mot à dire.

Pour l’instant la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), qui a pour mandat de proposer des solutions au problème que pose les déchets nucléaires, est entièrement constituée de représentants de l’industrie de l’énergie nucléaire. Il s’agit là d’un « conflit d’intérêt », selon le libellé d’une résolution adoptée par l’Assemblée. L’APN veut être consultée à tous les niveau de l’élaboration de cette stratégie.

L’automne dernier, lorsque la SGDN s’est arrêtée à Yellowknife dans le cadre de sa tournée pancanadienne – tournée qui devait servir à orienter la commission dans le rapport qu’elle présentera prochainement à la Chambre des communes – moins de cinq Ténois s’étaient déplacés, parmi lesquels l’auteur de ce texte.

Système électoral

Le directeur général des élections du Canada, Jean-Pierre Kingsley, était un des invités de l’APN, cette année. Les délégués l’ont longtemps questionné sur la façon d’impliquer les Autochtones en politique et de les faire se présenter aux urnes le jour des élections.

Beaucoup ont souligné le peu de couverture accordée aux dossiers autochtones, en période électorale. Il a aussi été mentionné que les Autochtones ont de la difficulté à s’identifier aux formations politiques actuelles, traditionnellement blanches.

M. Kingsley a expliqué qu’il était possible à tout un chacun de fonder sa propre formation politique, voire de se présenter en tant qu’indépendant.

Un forum conjoint entre l’APN et Élections Canada portant sur ces questions aura lieu cet automne.

Les membres des Premières nations du Canada ont obtenu le droit de vote en 1960, vingt ans après les femmes canadiennes.

Congrès juif

Un autre invité de marque de cette assemblée générale annuelle était Ed Morgan, le président du Congrès juif canadien.

Morgan s’est dit solidaire de la cause des Premières nations canadiennes. Il a indiqué que son peuple avait connu des persécutions similaires à celles des Amérindiens du Canada. « Nous sommes aussi victimes de racisme, même si nous n’avons pas eu à subir un système d’assimilation culturelle institutionnel, comme vous », a-t-il indiqué, faisant référence aux pensionnats « indiens » dans lesquels, jusque dans les années 1970, les enfants autochtones étaient envoyés de force et où on leur interdisaient de pratiquer leurs langues, croyances et coutumes ancestrales.

Il a également comparé l’importance que revêtent les territoires ancestraux pour les Premières nations à l’État d’Israël pour les Juifs.

Le lendemain, David Ahenekew, un ancien grand chef de l’APN, a été reconnu coupable d’avoir tenu des propos haineux à l’égard des Juifs. Il avait insinué que l’holocauste était une bonne chose.