Clichés de deux Nords, à Montréal : L’Arctique visite le sud

28 novembre 2013
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Alison et la pièce principale de son exposition à Montréal, le 14 novembre dernier, pour son vernissage de sa toute nouvelle exposition Clichés de deux Nords. Inspirée de ses récents voyages dans l'Arctique. (Photo : Édith V-R)

Alison et la pièce principale de son exposition à Montréal, le 14 novembre dernier, pour son vernissage de sa toute nouvelle exposition Clichés de deux Nords. Inspirée de ses récents voyages dans l'Arctique. (Photo : Édith V-R)

Alison McCreesh, une artiste interdisciplinaire de Yellowknife, a réuni une quarantaine de personnes à la Tohu, à Montréal, le 14 novembre dernier, pour son vernissage de sa toute nouvelle exposition Clichés de deux Nords.

Thés et tisanes nordiques ont réchauffé la quarantaine de visiteurs qui comptait quelques Ténois, actuels ou anciens, dont Vicky Latour, Alexandre Pellerin, Patrick Maltais et Vanessa Cassanova. L’artiste Diane Boudreau, de Yellowknife, était d’ailleurs du nombre à prêter main-forte pour la mise en place de l’exposition d’Alison McCreesh.
Illustratrice, dessinatrice et artiste textile, Alison est déjà bien connue aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, grâce à ses multiples implications artistiques, depuis les cinq dernières années. Son humour que l’on retrouve souvent dans ses bandes dessinées et son talent à manier le textile, que ce soit pour en faire des bijoux ou des tableaux, semblent s’être réunis dans sa nouvelle exposition Clichés de deux Nords. Mais, cette fois-ci, c’est surtout une sensibilité désarmante qui nous prend au dépourvu dans cette nouvelle série d’œuvres créées à partir de feutre et de laine mérinos.
« Le Nord, c’est relatif. On est toujours le Nord ou le Sud de quelqu’un d’autre », explique Alison au sujet de son exposition. Ces deux Nords se construisent dans l’imaginaire du visiteur, par rapport à son expérience et son rapport à ces derniers. « Je m’inspire des petits moments et des petits détails pour créer un portrait, poursuit Alison. J’aime ça l’idée que ce soit engagé, qu’il y ait un propos », ajoute-t-elle, en faisant allusion aux thèmes exploités dans son exposition : le gouvernement, les traditions, la modernité, la télévision et les réalités sur le terrain.
Clichés de deux Nords et They Call Us Squatters, se sont ses réalités des derniers mois et des dernières années à vivre dans la capitale ténoise et à s’envoler dans les différentes collectivités de l’Arctique. They Call Us Squatters, réalisée et exposée en 2012, remémore les mesures drastiques prises par la ville de Yellowknife, en 1984, afin de déloger les habitants du Woodyard, un quartier historique reconnu pour ses shacks érigés sur les terres de la Couronne.
Clichés de deux Nords, qui se désigne aussi sous le nom de Feutré est présentée en relation avec They Call Us Squatters (2012) dans cette nouvelle exposition. « C’est l’amorce d’une nouvelle production, en fait », soutient Alison, au sujet de Feutré.
Installées sur trois murs, les deux expositions se rejoignent, puis se répondent en face à face, soutenues par des textes écrits par l’artiste qui les décrivent avec justesse. Sur deux murs opposés, on retrouve deux énormes tableaux de l’artiste, issus de chacune de ses expositions. D’un côté, une mère inuite est assise dans un terminal, son poupon niché dans son amauti, on jurerait l’attente, parfois interminable, des avions nordiques. De l’autre, on retrouve une immense représentation d’un shack du controversé Woodyard, à Yellowknife, il est placé en perspective pour inviter le spectateur à y pénétrer du regard. Entre les deux plus grandes productions, deux séries qui rappellent les techniques propres aux dessins à l’aquarelle sont accrochées au mur. Le feutre et la laine mérinos contribuent à créer l’impression douillette du Nord en hiver. « Feutré par la neige, la distance et, pourrait-on suggérer, le faible poids électoral d’une population si minime, peu de bruits sur les réalités de l’Arctique se font entendre jusqu’au sud du 60e parallèle », signe l’artiste, en guise d’introduction.
Pour Catherine Jobin, agente de programmation culturelle à la Tohu, la vision artistique d’Alison rejoint celle de la Tohu, qui évolue autour de la terre, du cirque et de l’humain. « Les gens sont fascinés et ils ont envie de toucher! », s’exclame Mme Jobin, qui est tombée sous le charme artistique d’Alison McCreesh, lors des rencontres de Contacts-Ouest, au Yukon, en septembre 2012. « C’est un médium [le mélange de la laine et du feutre] que nous ne voyons pas si souvent », précise l’agente. Elle prévoit que quelques milliers de personnes auront le plaisir de visiter l’exposition, d’ici le 5 janvier.