Il y a 15 ans de cela, naissait un journal. Fruit du dévouement de quelques
bénévoles et employés, ce journal se voulait « un lieu de débats accessible
à tous et outil de l'affirmation franco-ténoise »1. L'Aquilon, c'était la
voix canadienne française dans le Nord.
L'intention du journal au départ et au fil des ans, est de « couvrir la
francophonie ténoise, sa clientèle cible, mais aussi de la déborder (Š) les
franco-ténois sont et se veulent concernés, interpellés par l'actualité
territoriale et canadienne »1.
D'abord mensuel, il devient un bi-mensuel en 1989. En 1993, il adopte le
format actuel, paraissant toutes les semaines.
À la lecture de quelques copies pigées au hasard, il est étonnant de voir
comment certains dossiers ont évolué, mais demeurent toujours d'actualité.
En 1986, le journal parlait abondamment de la Loi sur les langues
officielles des T.N.-O. Cinq ans plus tard, les sections sur les services
en français entraient en vigueur et les années qui suivront verront les
représentants de la francophonie revendiquer une meilleure mise en ¦uvre de
la Loi.
Du côté de l'actualité autochtone, on aura vu les Dénés et les Métis
marcher de front contre le gouvernement fédéral dans le dossier des
revendications territoriales puis s'écrouler comme un château de cartes.
Les revendications se poursuivront par des groupes isolés, beaucoup plus à
la merci du pouvoir fédéral.
On aura vu le Nunavut naître et faire ses premiers pas alors que les
Territoires de l'Ouest se cherchent encore une identité propre. En effet,
la création du Nunavut crée de grandes aspirations chez certains groupes
dénés. Leurs actions s'appuient désormais sur la clause constitutionnelle
de droit à l'autodétermination des peuples autochtones et remettent en
cause la légitimité du gouvernement territorial.
On aura vu la structure du mouvement communautaire francophone se
métamorphoser avec l'émergence de diverses ententes de financement. D'abord
porte-parole de la francophonie ténoise et outil de développement, la
Fédération Franco-TéNOise prend aussi en charge le mandat de gérer des
fonds publics.
On aura vu les longues batailles des parents francophones pour obtenir une
première école de français langue première, l'établissement de programmes
de français et de francisation dans les principales communautés
francophones, une gestion de leurs institutions scolaires et la
construction d'un bâtiment décent pour y recevoir les élèves de Yellowknife.
L'Aquilon a été témoin de tous ces mouvements sociaux qui servent à définir
le Nord actuel. En tout, c'est plusieurs dizaines d'employés et de
bénévoles qui se sont acharnés à être vos yeux et vos oreilles au cours des
années.
Les quelques photos de collaborateurs et collaboratrices d'hier et
d'aujourd'hui ne représentent que quelques-uns de ces pionniers de
l'information. Nous nous excusons si certaines personnes importantes ne
figurent pas dans ce petit album de famille.
1. Jean-Denis Dalphond, Une voix francophone dans les T.N.-O., L'Aquilon,
février 1986, vol. 1 no 1, p.3