Éditorial : L’Apocalypse

26 août 2014
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Tout le monde le dit maintenant. Ta chum te le texte à chaque coup de tonnerre. Même CBC l’a titré. L’Apocalypse.
Le ciel s’est couvert d’ambre et le fond de l’air à des relents de botch intersidéral, alors l’hyperbole, bien sûr. C’est rassurant en quelque sorte, l’Apocalypse.
Tu rentres au bureau avec quinze minutes de retard? L’Apocalypse.
C’est du sérieux. T’as pas vu ta blonde depuis trois jours parce qu’elle est prise à Fort Prov à cause de l’Apocalypse.
Et NetFlix qui a planté deux fois, hier soir, pendant l’Apocalypse.
C’est pile le temps d’organiser un défilé de zombies, tu réfléchis, en constatant qu’il n’y a plus de laitues à l’épicerie et qu’on se dispute à l’instant la dernière jarre de kimchi. L’Apocalypse? Absolument!
Et d’ailleurs, que fait le ministre de l’Apocalypse?!?
Or si l’odeur de St-Jean qui élance tes sinus était autre chose? Si c’était l’odeur des morts? De tes morts? Si la boucane, c’était ta maison? Si l’école où tu t’es réfugié était bombardée elle avec? Si au lieu d’attendre après la territoriale numéro trois en te défoulant sur Twitter, tu attendais en priant que des fous changent d’idée? Ouin, minute là, l’Apocalypse.
On galvaude peut-être à tort et à travers notre chapeau, tu rumines en payant tes cinq jours de plats préparés, tes chandelles, ton duct tape et tes bines-en-canne-au-cas-où. L’Apocalypse, faudrait pas charrier non plus.