Femmes et filles autochtones disparues et assassinées : Kâ-têpwêt, qui appelle?

L'actrice Danna Henderson, parmi les robes rouges de Kâ-têpwêt. Pour visionner le court métrage, rendez-vous à bit.ly/2g0RvTh
(Gracieuseté : Isabelle Perron Blanchette)

L'actrice Danna Henderson, parmi les robes rouges de Kâ-têpwêt. Pour visionner le court métrage, rendez-vous à bit.ly/2g0RvTh (Gracieuseté : Isabelle Perron Blanchette)

Kâ-têpwêt, ou « qui appelle? », est un court métrage d’Isabelle Perron Blanchette, qui aborde
l’histoire d’une mère en quête de réponses à la suite de la disparition de sa fille.

 

« 107 femmes autochtones sont disparues en 2010, en Saskatchewan. Ma fille est l’une d’entre elles », raconte une voix féminine au tout début du court métrage Kâ-têpwêt, gagnant du prix Vision de la Course des régions de Radio-Canada, le mois dernier.

À l’écran, des robes rouges accrochées aux arbres volent au vent, au son de cette voix.
« Je voulais raconter une histoire qui est très inspirée de ce que les femmes m’ont raconté et démontrer comment le processus de guérison se passe », confie la réalisatrice Isabelle Perron Blanchette.

Le court métrage de sept minutes aborde l’histoire d’une mère qui quitte son mari et ses deux enfants pour parcourir la Saskatchewan à la recherche de sa fille. Il démontre la solidarité entre femmes, à travers un processus de quête, de deuil et de guérison.

Poser les bonnes questions
Limitée par des restrictions de temps, la collecte de témoignages s’est effectuée dans la région de Régina, alors que la réalisatrice travaillait à titre de journaliste pour Radio-Canada. « En particulier dans le Nord de la Saskatchewan, il y a l’air d’avoir des histoires épouvantables », explique-t-elle, ajoutant qu’il y a énormément de travail pour les journalistes qui souhaiteraient enquêter sur le sujet, mais que cela comporte certains dangers.


Elle se rend donc à Fort qu’Appelle, à une heure de Régina, pour le tournage près d’une rivière symbolique pour la collectivité. On raconte que plusieurs corps ont été retrouvés dans cette rivière à la suite de suicides et de noyades.
 

Pour se préparer, elle se créé un réseau et est conseillée par son aide-scénariste. « Elle m’a aidée à me poser les bonnes questions et à aller les poser aux communautés, aux femmes, et à voir vraiment ce qu’elles vivent. [...]Elles me racontaient leurs vies, [certaines] pleuraient, ça n’a pas été facile. Je pense que j’ai fait de mon mieux pour écouter leurs histoires. Je ne suis pas une psychologue, je voulais les entendre pour mieux raconter mon histoire, mais je pense que pour celles qui ont parlé, j’ai eu l’impression que ça leur a fait du bien », raconte la réalisatrice.


Cette dernière croit que certaines histoires qu’elle a entendues n’ont peut-être jamais été racontées et que les femmes étaient ouvertes de lui exprimer ce qui se passait, même si c’était difficile.


Dans Kâ-têpwêt, la narration joue un rôle influent parce qu’elle apporte un style documentaire à la fiction. Et comme les actrices ne parlaient pas français, ce fut la solution choisie afin de traduire le contenu.


Le court métrage a aussi été une occasion pour les gens de la collectivité de se recueillir, puisque le film met en scène une marche en hommage aux femmes disparues et assassinées. « Même si c’était organisé, [...] ces femmes-là ont un être cher qui est disparu dans leurs familles », fait comprendre Mme Perron Blanchette.


Elle conclut l’entrevue en disant être satisfaite d’avoir traité du sujet et laissé entrevoir une lueur d’espoir pour l’avenir. Elle ajoute avoir plusieurs projets en tête, toujours à vocation sociale.
 


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