Stratégie arctique : Joindre le geste à la parole

22 octobre 2009
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Deux représentants de deux projets gaziers distincts dans le Nord du continent américain. Bob Reid de l’Aboriginal Pipeline Group pour le projet gazier du Mackenzie et Bob Bleaney, le directeur de Denali Canada pour le projet de gazoduc de l’Alaska. S’ils sont potentiellement concurrents sur le papier, les deux hommes semblent dire le contraire et abondent dans l’idée que la demande du marché Nord américain en gaz naturel est telle que les deux projets sont viables. (Photo : Maxence Jaillet)

Deux représentants de deux projets gaziers distincts dans le Nord du continent américain. Bob Reid de l’Aboriginal Pipeline Group pour le projet gazier du Mackenzie et Bob Bleaney, le directeur de Denali Canada pour le projet de gazoduc de l’Alaska. S’ils sont potentiellement concurrents sur le papier, les deux hommes semblent dire le contraire et abondent dans l’idée que la demande du marché Nord américain en gaz naturel est telle que les deux projets sont viables. (Photo : Maxence Jaillet)

 Le symposium sur les infrastructures stratégiques du Nord à mis le doigt sur le bobo : le financement.

 

C’est Nellie Cournoyea qui a vraisemblablement donné la maxime la plus appropriée de ce premier Stratégic Northern Infrastructure Symposium qui s’est déroulé à Yellowknife les 14 et 15 octobre derniers. « Put your money where you mouth is ! », a-t-elle conclu sa présentation orale sans PowerPoint sur la nécessité d’investir dans les infrastructures des collectivités nordiques. Cette phrase lancée au gouvernement fédéral, urge ce dernier de se concentrer sur les besoins des communautés des territoires qui veulent s’épanouir elles aussi.

« Le gouvernement fédéral réagit à une pression internationale, alors qu’il militarise et investit dans les infrastructures le long de passage du Nord-Ouest », a-t-elle livré en entrevue peu après son intervention devant plus d’une centaine de directeurs de multinationales, de présidents de compagnies nordiques et d’élus réunis dans un salle de réunion de Yellowknife. « Cette pression provient de l’incertitude de la souveraineté arctique et des nombreux changements climatiques alors que nous les résidents du Nord, sommes les premiers à en subir les conséquences. Mais il devrait apporter plus de support aux collectivités », dit-elle martelant une fois de plus sur l’exemple de la route entre Tuktoyaktuk et Inuvik qui ne devrait pas selon elle, avoir besoin de l’aval d’autres ressources financières. « Le gouvernement fédéral ne devrait pas s’en faire par rapport au partage des coûts. Les Territoires ne peuvent pas débloquer tout cet argent. Le fédéral devrait aller de l’avant sans regarder au partage des investissements », a-t-elle ajouté. L’actuelle présidente de l’Inuvialuit Regional Corporation a tempéré ses allégations en affirmant que la clé était bien sûr de travailler en considération des échéanciers des gouvernements. Et qu’une voix commune devait mettre de l’avant les priorités de chacun des trois territoires.

Tout bonnement, c’est ce qu’a demandé le ministre des Affaires indiennes et du Nord Canada, alors qu’il parlait à l’ouverture du banquet de soirée de ce symposium. Chuck Strahl a parlé en faveur d’une voie unique qui soulignerait les priorités du Nord vu par les résidents du Nord. S’il y a consensus sur certains projets, il serait plus facile d’identifier les priorités des ténois ou des résidents du Yukon, et le gouvernement pourra agir plus rapidement.

Il reste que malgré ce mode d’emploi simpliste des investissements fédéraux, le Nord regorge de projets plus importants les uns que les autres.

Durant le symposium, la chambre des mines du Nunavut et des TNO a proposé un historique flatteur sur le développement positif des communautés grâce aux différents projets miniers. Ces projets d’envergure continuent leurs demandes en électricité moins coûteuses, en connexions routières elles aussi plus économiques, et en croissance démographique.

L’eau potable dans les collectivités du Nord est aussi un problème d’infrastructure, Peter Christou de Chimo Water a lui aussi démontré les besoins pressant d’installations évoluées peu complexes permettant de traiter les eaux usées et de former des membres des communautés pour leur maintenance.

L’Aboriginal Pipeline Group en est allé aussi avec ses priorités alors que ce cinquième partenaire (33%) dans le projet gazier du Mackenzie soutient comme plusieurs, que le développement des TNO doit nécessairement se faire par le passage d’un gazoduc de 1200 Km le long du fleuve Mackenzie.

Brendan Bell qui est un des organisateurs de ce premier symposium espère avoir réussi à mettre tout le monde sur la même longueur d’onde, « il faut travailler en concertation pour voir débloquer nos projets essentiels au développement des trois territoires ».