Young Leader's Summit on Northern Climate Change : Jeunes et moins jeunes se rencontrent pour lutter contre les changements climatiques

17 novembre 2011
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Plusieurs membres de la Première nation des Dénés Yellowknives ont fait la démonstration du jeu de main autochtone. (Photo: Virginie Bouchard)

Plusieurs membres de la Première nation des Dénés Yellowknives ont fait la démonstration du jeu de main autochtone. (Photo: Virginie Bouchard)

Yellowknife a accueilli, du 10 au 12 novembre dernier, près d’une cinquantaine de jeunes du Yukon,
du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest, le temps de parler environnement.

La Northern United Church, située dans la capitale territoriale, a vibré pendant trois jours puisqu’elle accueillait un des sommets les plus importants au Nord du 60e parrallèle en matière d’environnement. Cette rencontre a permis aux jeunes de différentes collectivités nordiques de faire connaissance, mais surtout de partager leurs expériences en ce qui a trait aux changements climatiques. Parmi eux, plusieurs Autochtones ainsi que des aînés, question de tranférer le savoir de génération en génération.
Organisé par la société Ecology North, l’événement en était à sa deuxième édition, la première ayant eu lieu à Inuvik, en 2009. Dawn Tremblay, une des responsables de l’organisation, garde un bon souvenir de la rencontre. « Je vais me rappeler longtemps cette connexion avec les autres jeunes leaders et les autres participants. Toute cette inspiration émanant de l’énergie d’être autant de merveilleuses personnes dans un même endroit », souligne la jeune femme.

De génération en génération
Durant le sommet, les participants ont pu se familiariser aux problèmes liés aux changements climatiques par les témoignages, les vidéos et les ateliers au menu. Le partage des connaissances et du savoir a été le point central de cette réunion, notamment grâce à la participation de Charlie Snowshoe, résident de Fort Macpherson et aîné de la Première nation des Gwich’in. Et si l’ouïe commence à lui faire défaut, on sent toujours la vivacité dans son regard, bleu perçant. L’homme a une vision bien particulière de l’environnement : « Je ne parle pas de changements climatiques, je parle plutôt de changements par les hommes insensés (Mad Men Changes). Peut-être que je me trompe, mais je ne crois pas ». Pour lui, la lutte contre les perturbations de l’environnement ne passe pas seulement par l’éducation, mais aussi par l’ouverture d’esprit. « Ce que les jeunes gens ont besoin de faire, c’est de commencer à regarder ce qui les entoure, de prendre conscience de ce qui se passe et de chercher à se renseigner », avoue l’aîné. Néanmoins, Charlie Snowshoe a peu d’espoir que les dommages de l’environnement se résorbent : « Je n’aime pas dire cela, mais ce serait un miracle d’agir concrètement sur les changements climatiques qui surviennent présentement ».
Les aînés sont une richesse à préserver et deux jeunes du Nunavut l’ont bien compris. Curtis Kuunuaq et son cousin Jordan Konek ont entrepris un projet de reportage vidéo afin de conserver la mémoire des anciens de leur communauté. C’est avec l’aide de l’Université de Colombie-Britannique que le projet Nanisiniq : Arviat History a pu voir le jour. « Je me suis joint au projet l’hiver dernier, cela fait déjà un an. Nous nous en sortons pas mal et nous faisons face à plusieurs occasions de voyage. Nous allons d’ailleurs présenter notre reportage à Durban, en Afrique du Sud, à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, à la fin du mois », raconte Curtis Kuunuaq. Le participant au sommet ne cesse d’apprendre sur la sagesse des aînés autochtones. Charlie Snowshoe lui a apporté un nouveau regard sur le constat des transformations du climat : « Les anciens sont des scientifiques même s’ils n’ont pas besoin d’aller dans un lieu pour constater qu’il y a des changements qui surviennent. Ils connaissent la terre, ils y vivent depuis des années. Ils n’ont pas besoin d’outils pour examiner les choses », conclut le Nunavummiuq.
De retour à Arviat, les deux cousins profiteront des prochaines semaines pour parfaire leur montage vidéo, recueillir les témoignages de la communauté et mettre la touche finale à leur reportage.