Petit train va loin : Industrie du diamant

04 avril 1999
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Peut-être sous-estime-t-on l'ampleur que prendra l'industrie du diamant d'ici quelques années. Un potentiel énorme dort dans le manteau des Territoires du Nord-Ouest et les principaux intéressés ne tarderont pas a s'en mettre plein les poches.

Neufs membres de l'Association canadienne des bijoutiers ont rencontré des représentants du gouvernement territorial ainsi que des artisans locaux, récemment à Yellowknife, lors d'une conférence à huis clos.

Au programme: comment se dessine l'avenir de l'industrie du diamant dans les Territoires du Nord-Ouest? Comment développer l'ensemble des industries qui y sont reliées, de l'extraction du diamant à la fabrication de bijoux?

Comment le gouvernement territorial peut aider à la formation d'une main-d'oeuvre qualifiée?

À la première question, les réponses ne pourraient être plus optimistes.

Lorsqu'on considère que la durée de vie d'une mine est d'environ 20 ans et qu'il y a une possibilité d'ouvrir, d'ici une dizaine années, trois à quatre autres mines dans le Territoire de l'ouest, on peut envisager «que ça va être gros tantôt», pour reprendre les mots de l'artiste François Thibeault.

Depuis la découverte de la première conduite de kimberlite (minerai contenant le diamant), en 1991, près du Lac de Gras, 200 autres conduites ont été repérées. Selon leWorld diamond industry directory and year book, la production de diamants dans les Territoires du Nord-Ouest dépassera les onze millions de carats dès l'an 2003. Transposée en valeur monétaire, cette quantité considérable représente 870 millions de dollars par année.

Une telle productivité placerait les Territoires du Nord-Ouest en cinquième position, derrière les leaders mondiaux: Botwana, Russie, Angola et Afrique du Sud. «On peut même espérer remonter dans le classement et obtenir une troisième position d'ici l'an 2007», explique François Thibeault.

Présentement, deux compagnies minières sont en place dans les T.N-O., BHP-Ekati et Diavik. Par contre, seule la mine BHP est présentement opérationnelle. Si toutes les réserves de ces deux mines sont extraites, elles produiront six milliards de diamants bruts. Une telle production permettrait au gouvernement de retirer, chaque année, 190 millions de dollars en taxes et royautés.

Un carat de diamant brut pèse 200 milligrammes. Pour un carat, les centres de coupe et de polissage paient de 20 $ à 600 $ selon la qualité de sa forme, de sa clarté et de sa couleur. Par contre, une fois monté sur un bijou, le même petit carat peut valoir des milliers de dollars.

Maintenant, l'implantation de mines est matière à controverse, entre le gouvernement et les groupes environnementaux, étant donné que leur impact sur l'environnement n'est pas encore bien connu. Néanmoins, M.Thibeault soutient qu'il faut rester réaliste.

«Les Territoires du Nord-Ouest sont recouverts au 2/3 par des lacs. Qu'est-ce que sacrifier un petit lac lorsqu'on pense aux milliers d'emplois qui peuvent être créés grâce aux mines de diamants? Je crois qu'il n'y a rien à craindre au point de vue écologique puisqu'on bénéficie d'un double système de protection environnementale, celui du fédéral et celui du territorial», explique-t-il.

Environ mille personnes travailleront aux mines BHP et Diavik, sans compter le personnel qui sera recruté pour travailler dans les centres de tri, de coupe et de polissage ainsi que dans les ateliers de création de bijoux.

C'est donc une industrie qui a le vent dans les voiles et qui devrait offrir l'opportunité à des gens d'ici d'accéder au marché du travail. «On dit que 80 % des emplois seront occupés par des résidants des Territoires et une bonne partie d'entre eux seront des autochtones, ajoute M. Thibeault. Les compagnies sont d'autant plus chanceuses étant donné qu'il y a beaucoup d'artistes ici dans le nord et c'est une partie très importante lorsque vient le temps de fabriquer les bijoux.»

L'an dernier, en produits finis vendus au détail, cette industrie aura atteint un marché de 49,8 milliards de dollars US.