Folk on the Rocks 2013 : Impressions d’un festival

24 juillet 2013
0 Commentaire(s)
Samedi soir devant la grande scène, les festivaliers en ont pris plein les yeux (crédit Nicolas Servel)

Samedi soir devant la grande scène, les festivaliers en ont pris plein les yeux (crédit Nicolas Servel)

Il n’est pas jeune, le dernier qui m’a vu à un festival de musique. Je déteste les foules festivalières et leur joie trop expansive, les verres de bière en plastique et autres déchets de consommation affiliés me portent sur les nerfs, les surcharges de décibels me gonflent sévère. Mais tous ces irritants majeurs étaient absents de cette première édition de Folk on the rocks (FOTR) à laquelle j’assistais, et alors que je ne connaissais aucun des musiciens présentés, j’ai fait de fantastiques découvertes.
Dès le départ, ravissement avec The Borderless Art Movement, qui associe musique, conte, peinture et théâtre. Le groupe fera bientôt une tournée aux Territoires. Autre coup de cœur, de Toronto, Jaffa Road et son répertoire métissé de musiques séfarade, indienne et pop, sur les ailes de jazz du saxophoniste Sundar Viswanathan. Mention spéciale à la chanteuse Aviva Chernick, à la fois simple, lumineuse et charismatique.
Deux spectatrices m’ont avoué trouver la programmation 2013 de FOTR trop homogène. L’une d’elles a affirmé qu’il y avait trop de guitaristes mâles gluants de testostérone; elle regrettait aussi le faible nombre, comparativement à 2012, de spectacles orientés sur les paroles. Personnellement, j’ai trouvé la programmation très variée musicalement et les artistes cosmopolites, à l’instar de la population de Yellowknife. J’ai apprécié l’échelle humaine de l’événement, l’accessibilité des musiciens.

Un bilan provisoire
Penny Ruvinsky, directrice générale de FOTR, dresse un bilan très positif de l’édition 2013 de FOTR. Au moment d’écrire ces lignes, le nombre d’entrées n’est pas entièrement comptabilisé, mais la directrice présume qu’il ne sera pas énormément inférieur à l’année record de 2012, avec ses 5600 entrées.
« Nous avons eu de très bons commentaires des spectateurs et des musiciens, commente Penny Ruvinsky. Ils ont trouvé le festival bien organisé, ont apprécié la nourriture, les kiosques et le beer garden. Les musiciens aiment entre autres venir à Yellowknife parce qu’ici, ils ont le temps de se rencontrer, parfois de jouer ensemble. Les membres de Genticorum veulent revenir l’an prochain. »
Chaque année, les organisateurs de FOTR mettent en place une plate-forme d’échange entre les musiciens, spectacle qui est devenu l’image de marque de l’événement. « C’est une collaboration très profonde, souligne Penny Ruvinski, un moment signifiant et majeur du festival. Les musiciens en parlent jusqu’à l’édition suivante! » Cette plate-forme cette année, c’était Heart Strings (voir autre texte), qui réunissait une dizaine de musiciens dont plusieurs ne se connaissaient pas. Ils ont bénéficié de deux jours pour mettre en place un créneau donnant une vaste place à l’improvisation.
D’un point de vue organisationnel, aucun trouble majeur n’est venu perturber l’ordre des choses. Les commandites ont rapporté 25 000 $ de plus que l’année dernière et les contributions en nature ont été importantes. Alors que plusieurs semaines de travail seront encore nécessaires pour clore la dernière édition, l’organisation travaille déjà depuis quelques jours à élaborer la programmation de 2014. Tout ce qu’on a voulu nous en révéler, ce sont les dates, du 17 au 20 juillet.