Dossier spécial gazoduc : Impacts environnementaux

06 janvier 2011
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Le gazoduc du Mackenzie scindera les TNO du nord au sud en longeant plus ou moins la rive est du fleuve du même nom. L’emprise (partie de terrain nécessaire pour le tracé du pipeline) du gazoduc s’étalera sur 50 mètres d’Inuvik à Norman Wells, alors que les pipelines de gaz naturel et de gaz liquide seront côte à côte pendant 457 km, et sur 40 mètres lorsque le gazoduc traversera les régions du Sahtu et du Deh Cho de Norman Wells à l’Alberta (62 % du tracé).

Durant les audiences publiques du projet gazier Mackenzie, plusieurs préoccupations environnementales ont été soulevées dont plusieurs se sont avérées irréfutables. Peter Ewins, un spécialiste des espèces animales nordiques pour la WWF estime que le travail de la commission d’examen conjoint fût « le plus couteux, le plus long et le plus intense examen de répercussions environnementales de l’histoire canadienne tout bonnement parce que c’était un projet qui allait exposer le Nord à une toute nouvelle ère ». Pour ce directeur de la conservation des espèces, mis à part les résidents locaux, les effets cumulatifs de ce pipeline auront un impact sur de nombreuses populations animales. « L’habitat des populations de caribous des bois sera fragmenté, mais les populations marines du delta du Mackenzie et de la mer de Beaufort subiront aussi les effets de cette production. Ces espèces ont une valeur non seulement pour la diversité globale, mais également pour les résidents du Nord. La façon dont ces choses se passent c’est que de tels projets ouvrent la porte à d’autres basins d’exploitation. Lorsque vous ouvrez un corridor pour acheminer de l’énergie vers un marché, vous accélérer les intrants dans la région et le rythme auquel les pressions pour le développement de divers projets arrivent les unes après les autres », explique le Dr Ewins. Dans sa décision favorable au PGM, l’Office national de l’énergie impose plusieurs conditions à la réalisation du projet, mais n’a émis aucun avis sur les impacts potentiels occasionnés par d’autres projets de développement dans cette région, mentionnant que ces évaluations prendraient place en temps et lieu. Concernant les espèces fauniques et pour réduire au minimum les incidences du projet sur celles-ci, le promoteur devra soumettre un ou plusieurs plans de protection et de gestion portant sur la faune en général ainsi que des plans spécifiques visant plusieurs espèces telles que le caribou des bois, le caribou de la toundra, le grizzli, l’ours blanc et le carcajou.

Pour commencer à exploiter les champs gaziers Niglintgak ou Taglu, lequel repose au sein des limites du refuge d’oiseaux de l’ile Kendall, les promoteurs devront s’assurer que la nuisance sonore occasionnée par l’exploitation des sites soit réduite pour minimiser la perturbation des populations aviaires présentes essentiellement entre mai et octobre. Ainsi pour ces deux sites, ils devront se plier aux exigences des mesures en vigueur en Alberta, mais aussi travailler de concert avec Environnement Canada pour continuer à évaluer les options relatives à l’atténuation du bruit.

Le long du tracé, le pergélisol sera altéré par l’absence de couvert forestier à différents lieux sur l’emprise du Pipeline. Ainsi dans les zones de pergélisol continu, les promoteurs se fixeraient une température de refoulement annuelle moyenne de -1°C, pour empêcher que le passage du gaz dans les canalisations n’aggrave le dégel du pergélisol. Une opération qui s’avère plus difficile si le nombre de stations de compression augmente le long du gazoduc pour soutenir une capacité excèdant les 34,3 millions de mètres cubes par jour soumis dans le projet gazier Mackenzie.