Éditorial : Ils ne peuvent pas s’en empêcher

23 juillet 2015
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En regardant la grande distribution de chèques pour la prestation universelle pour la garde d’enfants, je ne peux m’empêcher de penser à toutes les opérations similaires auquel j’ai assisté depuis que je suis en âge de suivre la politique.
Ça ne manque pas. À quelques semaines seulement de la campagne électorale fédérale, voilà les ministres et députés conservateurs qui tombent sur vous avec des poignées de dollars pour prouver qu’ils sont les meilleurs et, probablement, pour vous faire oublier qu’ils sont aussi les pires.
On ne peut vraiment pas jeter la pierre aux conservateurs pour ce comportement. Je n’ai pas vu un seul parti politique au pouvoir (libéral ou péquiste dans ma province natale et libéral ou conservateur au national) ne pas avoir au moins une telle séance à la veille des élections.
Dans certains pays, on assiste à des émeutes et à des massacres dans le cadre de campagnes électorales. Ici, on distribue des bonbons. Faut quant même pas se plaindre.
Et tout aussi prévisibles sont les accusations fondées des partis de l’opposition quant au caractère visiblement électoral de ces distributions d’argent. Et ils passent ensuite une couple de jours à nous expliquer pourquoi cet argent en provenance du gouvernement au pouvoir n’est pas suffisant, mais qu’ils nous en donneront plus lorsqu’ils seront au pouvoir.
C’est tellement classique et commun que j’ai arrêté de m’en faire avec ces stratégies de campagnes électorales. Et c’est là le danger. Réagir à cela avec cynisme ou dégoût démontrerait que je me soucie encore du fait politique, ce qui est fondamentalement sain. Cependant, l’indifférence que je ressens est à la base de la pire menace à la démocratie : le désintérêt.
On note souvent que le taux de participation électorale dépasse à peine 60 % au Canada. Ça veut dire qu’un parti politique qui gagne avec 45 % du vote exprimés n’aura donc reçu que l’appui de 27 % de la population. En effet, 40 % n’ont pas voté pour ce parti ou pour quelque parti que ce soit et les autres partis politiques se partagent 33 % du vote des électeurs.
Le désintérêt de la population face à la politique est une menace à la démocratie, mais comme ce désintérêt est aussi basé sur le comportement des politiciens, il faut évidemment conclure que ce sont les politiciens qui sont la raison principale du manque de démocratie réelle dans le système électoral canadien. Et ce ne sera pas une loi pour forcer les gens à voter qui fera une différence.