Éditorial : Illusion de démocratie

20 août 2015
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Je vais en étonner plus d’un en parlant d’élections... municipales. Pour plusieurs d’entre vous, la politique municipale n’a rien de très intéressant. Les taux de participation au vote frise souvent les 40 %, et parfois moins que ça. Ça veut donc dire que de 60 à 70 % des électeurs refusent de faire le petit sacrifice d’une heure pour aller voter.
Eh bien, on a les conseils municipaux qu’on mérite.
Un nouveau groupe vient d’apparaître sur la scène municipale à Yellowknife, le groupe de I serve U. Leur idée, consulter les citoyens via un site Web et adopter des politiques municipales selon le résultat des votes en ligne.
On comprend les raisons de l’émergence de ce groupe. D’une part, on a souvent l’impression que les conseils municipaux sont plus à la remorque des intérêts privés de la bureaucratie municipale que des citoyens qu’ils sont supposés servir. Plusieurs citoyens se plaignent de n’être perçus que comme quelques milliers de vaches à lait servant à payer les employés municipaux. D’autre part, vu le désintérêt évident pour la politique municipale, on se retrouve avec ce qu’on mérite, des conseillers qui se retrouvent en poste avec à peine deux mille votes. Il semble que les intérêts privés ont une force plus grande qu’ils ne méritent en raison de la faible participation électorale.
La solution proposée – sondage en ligne – souffre cependant de la même faiblesse que le processus démocratique : le faible niveau de participation.
Ce serait illusoire de penser que les gens qui ne sont pas allés voter vont prendre la peine de répondre à un sondage en ligne. Le niveau de participation sera vraisemblablement plus bas encore que lors des scrutins. Règle générale, les sondages sur Internet sont peu représentatifs de l’opinion des groupes qu’ils sondent – ici, les citoyens de la ville. En conséquence, avec l’appui d’un groupe d’intérêt particulier – genre le syndicat des employés municipaux – on peut aisément inonder le sondage de votes qui ne représentent pas la population mais les intérêts particulier d’un groupe.
C’est donc dire que l’idée proposée peu sembler intéressante à la base, mais qu’elle souffre du même problème que les élections municipales, le manque d’intérêt de la population.