Révolte populaire : Hôtel de ville de Yellowknife

16 juillet 1999
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Une centaine de manifestants, pour la plupart des gens d'affaires, sont venus exprimer leur mécontentement face à l'augmentation des taxes foncières par la ville de Yellowknife.

La manifestation a débuté un peu avant 18 h 30 devant l'hôtel de ville. La foule a hué le maire dès son entrée dans l'édifice municipal, pour ensuite le suivre dans la salle où s'est déroulée la réunion du conseil. Au moins une vingtaine de mécontents ont dû attendre à l'extérieur de la pièce car cette dernière était trop petite pour accueillir tout le monde. Seulement 40 sièges étaient disponibles et la plupart des gens ont dû se tenir debout le long du mur.

Plusieurs manifestants ont exigé la démission du maire et la tenue de nouvelles élections face à la décision d'augmenter les taxes foncières de 6 pour cent. Par contre, certains conseillers ont soutenu que la hausse était nécessaire.

« La municipalité n'a pas augmenté les taxes foncières au cours des six dernières années. Une augmentation de 6 pour cent ne couvre même pas l'inflation qui a eu lieu durant cette période », a déclaré le conseiller Bob Brooks.

L'augmentation survient alors que la ville a subi une perte de revenus de 1,5 millions de dollars au cours des deux dernières années à cause de la faillite de la Royal Oak, ancien propriétaire de la mine Giant. Cette année, les pertes ont été de 728 000 de dollars, soit 4 pour cent des revenus de la municipalité. De plus, la ville a également dû réévaluer son assiette fiscale. Yellowknife compte 500 habitants de moins cette année, ce qui affecte également les revenus de la municipalité.

Cependant, les manifestants n'ont pas accepté ces explications. « La ville savait d'avance ce qui allait se produire », a déclaré John Dalton, un ancien conseiller municipal. « Les contribuables ne peuvent plus payer d'impôts. »

Toutefois, le maire s'est défendu. « Ça fait cinq ans que nous avons un plan de contingence advenant la fermeture de la mine Giant. Nous ne nous attendions pas à ce que la Royal Oak fasse faillite », a affirmé le maire de Yellowknife, David Lovell. Il a toutefois indiqué que les taxes foncières n'augmenteraient pas l'année prochaine.

Les manifestants ont également profité de la soirée pour exprimer leur mécontentement face aux dépenses sur le réaménagement de l'avenue Franklin. « Ça sert à quoi d'importer des arbres du sud pour les installer sur l'avenue alors que la plupart du temps c'est l'hiver ici ? » a demandé Bruce Elliott, un homme d'affaires. Les dépenses sur la rue Franklin totalisent 1,25 millions de dollars, selon la municipalité.

« Je suis vraiment frustré », a affirmé David Lovell. « Je suis un contribuable et je m'attendais à passer à travers cette crise sans augmenter les taxes foncières ».

Toutefois, il a soutenu qu'il n'allait pas remettre sa démission. « Si chaque maire démissionnait lorsqu'il y a un citoyen mécontent, les gouvernements municipaux ne fonctionneraient pas. »

Quelques conseillers ont quand même exprimé leur désaccord face à l'augmentation. « Les électeurs auraient moins de difficulté à accepter une diminution des services offerts qu'une augmentation de 6 pour cent des taxes foncières », a soutenu le conseiller Dave Ramsay.

La réunion du conseil de ville s'est terminée à minuit. Aucune résolution n'a été prise pour annuler l'augmentation.