Seule voie disponible pour acheminer de l'équipement lourd et du carburant
en quantité, la route de glace, dont l'ouverture est prévue pour la fin du
mois de janvier, est attendue avec impatience par les compagnies minières
comme BHP, DeBeers, Echo Bay Mines et Diavik Diamond Mines Inc.
Celles-ci ne disposent que de quelques mois pour acheminer vers leurs sites
divers matériaux, qui ne peuvent prendre la voie des airs. " Nous
effectuerons 4000 voyages de camions cet hiver, dont plusieurs chargements
de carburant et d'équipement spécialisé, comme un bateau de 250 pieds de
long servant à nettoyer le fonds des lacs ", affirme Tom Hoeffer, directeur
des affaires publiques et gouvernementales au sein de Diavik. L'an dernier,
cette compagnie avait envoyé 1000 voyages par la route de glace.
Quant à BHP, qui possède la mine Ekati, elle compte envoyer, cet hiver, 60
millions de litres de carburant et 14 000 de nitrate d'ammonium (utilisé
dans la fabrication d'explosifs).
Avant de prendre d'assaut la route, la glace doit atteindre une épaisseur
minimale d'environ 30 pouces pour que les camions puissent y circuler en
toute sécurité. D'ailleurs, la vitesse maximale sur cette route gelée est
d'environ 30 km/h.
Cette route, d'une longueur de 560 kilomètres, est ouverte depuis 1982. "
La route de glace est construite, à 90 pour cent, sur l'eau ", affirme Kirk
McLellan, le porte-parole de la compagnie Echo Bay Mines (mine Lupin).
Durant les prochaines semaines, plusieurs des 109 employés chargés de
l'entretien de la route seront à l'¦uvre afin d'enlever la neige la
recouvrant pour donner la chance à la glace d'épaissir plus rapidement.
L'an dernier, ce sont 4000 voyages de camion qui ont acheminé des
matériaux, surtout du carburant, vers les sites miniers. " Cette année,
selon les besoins des compagnies, le nombre de voyages de camion va
doubler, passant à 8000. Cela ne s'est jamais vu auparavant. Nous n'avons
jamais transporté autant de tonnes de matériaux que ce qui est prévu pour
l'hiver 2001 ", souligne Kirk McLellan.
L'an dernier, il en coûtait 10¢ du kilomètre par tonne pour emprunter le
route de glace. Cette année, Kirk McLellan prévoit que les coûts seront de
11¢ du kilomètre par tonne.
Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a entamé des pourparlers avec
la compagnie Echo Bay Mines, qui assure l'entretien et la construction de
la route de glace, afin de prendre le contrôle de celle-ci. " Nous ne
voulons pas assurer l'entretien de la route de glace. Nous sommes
intéressés par l'industrie minière et non par la construction de routes.
Alors, si le gouvernement souhaite prendre en charge la construction et
l'entretien de la route de glace en nous garantissant des prix comparables
à ce que nous offrons actuellement, et en nous assurant que la route sera
ouverte durant la même période, nous n'avons pas d'objection ", indique
Kirk McLellan.