Histoires de papes

31 mars 2000
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Ce qui m'incite à écrire sur les papes ou des histoires de papes, c'est bien sûr la visite du pape en Israël, l'amende honorable faite par l'Église catholique pour les erreurs de Pie XII lors de la dernière guerre et face à la Shoah. J'ai réalisé que ma vie avait été jalonnée de papes (si je peux m'exprimer ainsi).

Premier souvenir de papes? Pie XII. Je me souviens entre autres, que toute bonne famille qui se respectait, à l'époque, se devait d'avoir une image du pape avec le nom de la famille au-dessous de l'image. Tout le monde connaissait quelqu'un qui allait à Rome et payait pour avoir cette image avec le nom de la famille. Ça disait à peu près ceci : que Pie XII bénissait la famille BLABLABLA et apportait toutes sortes de bénédictions dans la maison. Voilà mon premier souvenir.

Bien sûr, nous avions notre image. Puis, je me souviens de sa mort. Je me souviens de l'attente de la nomination du pape suivant...Jean XXIII. Alors que Pie XII était le genre aristocrate, Jean XXIII était un homme simple, plus proche des gens. Les gens l'aimaient, se sentaient plus près de lui. Il était plus abordable. Moi, j'allais à l'école chez les soeurs. Donc, on en entendait parler beaucoup du pape. Puis, mort de Jean XXIII et nomination de Paul VI.

Celui-là, j'ai eu l'occasion de mieux le connaître, car je suis demeurée à Rome en plein Concile. La Basilique Saint-Pierre était complètement transformée, avec des estrades partout, pour cette grande réunion de tous les cardinaux du monde. Souvent, j'allais marcher dans Rome et le Vatican faisait partie de mon trajet.

Vous ne pouvez vous imaginer la sortie des cardinaux de la Basilique le vendredi après-midi. Un spectacle que de voir ces hommes respectables, tout de pourpre vêtus, qui déboulaient les escaliers, robe par-dessus tête, comme des écoliers. Image amusante...et rafraîchissante. L'école était finie pour la fin de semaine, et le Concile n'allait reprendre que la semaine suivante. J'ai donc, à l'occasion aperçu Paul VI, entre autres près de l'église Saint-Jean de Latran, dont le pape, encore maintenant, est le prélat. Je suis allée à Castelgondolfo, résidence d'été du pape. Bien sûr, l'accès nous en était défendu, mais on regardait de loin.

Je vous passe l'autre pape qui a été là très peu de temps, Jean-Paul I. Et enfin, celui-ci, Jean-Paul II, ce Polonais qui a épaté le monde par ses déplacements osés et sa Papemobile. Il parle douze langues, il est avant-gardiste dans certains dossiers et super conservateur dans d'autres. Et le voilà en Israël. Et, pendant qu'il est là, on raconte l'histoire de cette jeune fille juive blessée à qui un jeune prêtre a sauvé la vie, en la traînant sur son dos. Ce prêtre, c'était Jean-Paul II, et il a rencontré cette femme à Israël. Émouvant moment, que vous soyez papiste ou pas. Émouvant aussi, quand il a laissé son message d'excuse à Jérusalem. C'était là un geste d'un homme compatissant et d'une grande empathie.

Pour terminer ces histoires de papes, la grande question qui se pose face au présent pape : va-t-il démissionner ou doit-on le forcer à démissionner? Ce n'est encore jamais arrivé. Jamais pape n'a abdiqué et jamais pape n'a été forcé de laisser son poste. Mais dans l'Église, la santé du prélat inquiète et on se pose de grandes questions. Ça reste un dossier à suivre, car le chef de l'église catholique demeure une sommité dans le monde, ses ouailles sont nombreuses et son pouvoir est grand.