Éditorial : Histoire de contraventions

19 février 2015
0 Commentaire(s)


Non, je ne parlerai pas vraiment des contraventions qui se donnent allègrement un peu partout au Canada, mais je vais parler de contravention à la justice historique opérée par deux provinces canadiennes, la Saskatchewan et l’Alberta.
La cause Caron qui a été plaidée en Cour suprême la semaine dernière cause tout un émoi dans la francophonie canadienne. Et ce n’est rien comme émotion si on peut un jour comparer cela à l’émoi de la communauté majoritaire de l’Ouest et du Nord canadien si la Cour suprême donne raison à Gilles Caron, un Franco-Albertain qui conteste la validité d’une contravention rédigée en anglais seulement.
La Cour suprême pourrait reconnaître la légitimité des revendications des francophones de ces deux provinces pour l’obtention d’un statut égalitaire avec la langue anglaise. Je vois déjà des centaines de traducteurs se frotter les mains devant la possibilité que ces deux provinces soient obligées de traduire leurs lois et les documents administratifs dans les plus brefs délais.
La cause aura peu d’impact ici même, car nos lois linguistiques au Yukon, aux TNO et au Nunavut garantissent déjà des droits linguistiques aux francophones et la mise en œuvre des services en français, bien que peu développée dans certains secteurs, est tout de même en voie de réalisation.
Par contre, il y aura un impact psychologique immédiat suivant une décision positive de la plus haute cour du pays. En effet, une reconnaissance globale des droits linguistiques des francophones dans l’ensemble de ce qui était la Terre de Rupert et les Territoires du Nord-Ouest devrait secouer les francophobes d’un bout à l’autre du pays.
Tant ici qu’en Alberta et en Saskatchewan, il faut prévoir un ressac terrible face à la francophonie, mais ce ressac fait partie du processus normal des victoires francophones au Canada. Ça durera quelques années, puis on passera à autre chose. Mais au moins, l’Ouest ne pourra plus contrevenir impunément aux droits linguistiques de sa population francophone.