Services en français : Hay River donne son point de vue

27 février 2014
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La contribution exceptionnelle de Christian Girard au développement de la francophonie à Hay River a été soulignée. Sa petite-fille l'a aidé à déballer un objet d'art qui lui a été offert par la Fédération franco-ténoise pour l'en remercier.

La contribution exceptionnelle de Christian Girard au développement de la francophonie à Hay River a été soulignée. Sa petite-fille l'a aidé à déballer un objet d'art qui lui a été offert par la Fédération franco-ténoise pour l'en remercier.

Les services en français existent dans le sud du Lac; c’est la promotion qui fait défaut

La tournée de consultation des communautés franco-ténoises sur les services gouvernementaux en français s’est achevée le 8 février avec un arrêt à Hay River. Cette ultime séance a été la moins populaire des quatre : à peine six résidents se sont déplacés.
Comme à Fort Smith, à Inuvik et à Yellowknife, les participants ont d’abord identifié la santé et les services sociaux comme étant les sphères de services à prioriser. Cependant, plusieurs ont noté que, dans les faits, les services de santé en français sont assez aisément disponibles à Hay River… pour autant qu’on connaisse le personnel. L’hôpital H. H. Williams Memorial compte, en effet, un certain nombre de francophones dans divers corps de métiers, notamment un docteur.
Le constat général des participants était que l’offre de service, quoiqu’existante, n’était pas active. C’est-à-dire qu’on n’indique pas systématiquement à la clientèle qu’il est possible d’être servi dans sa langue. Cette « offre active » peut prendre, par exemple, la forme d’un affichage où d’une formule d’accueil consacrée, comme « hello/bonjour ».
Jessica Gilbert, une enseignante de l’École Boréale, a également déploré que la requête d’un service en français ralentisse le processus.
« Quand ça fait 20 minutes que t’attends parce que t’as demandé le service en français et que tu vois des gens se faire recevoir tout de suite en anglais, c’est frustrant », a-t-elle dit.
Selon elle, pour être égal, un service en français devrait être offert immédiatement et sans délai.


Langue de travail
Une des participantes, Yvette Bruneau, elle-même une professionnelle du secteur de la santé, a témoigné qu’on ne lui a jamais demandé d’offrir activement le service en français dans ses interactions avec le public. En fait, l’idée de le faire la rend mal à l’aise.
« Il y a quelques années, il y avait une fille qui s’est quasiment fait clairer parce qu’elle parlait en français, a-t-elle noté. Je ne peux pas rien que parler en français; ça ne marche pas. Je veux garder ma job. »
En 2005, L’Aquilon avait en effet révélé le cas d’un employé de l’hôpital de Hay River réprimandé pour avoir tenu une conversation en français avec un collègue. Un processus de grief avait alors été intenté par le syndicat et la note de blâme avait ultimement été retirée du dossier de l’employé.
Mme Bruneau, qui touche une prime au bilinguisme, affirme que les choses se sont améliorées et qu’elle se sent désormais « plus libre de parler français au travail », mais elle demeure échaudée par l’incident.
Contrairement à son pendant fédéral, la Loi sur les langues officielles des TNO ne comprend pas de disposition sur la langue de travail des employés de la fonction publique.


Sport
Hay River étant bien connue pour être une collectivité qui valorise le sport, on ne s’étonnera pas que des participants aient mentionné un intérêt pour des services en français dans ce secteur.
Yvette Bruneau a noté qu’elle aimerait obtenir du soutien financier de la part du gouvernement pour l’aider à défrayer une partie des coûts associés au développement du talent athlétique de son fils, un champion de judo prenant part à des compétitions d’envergure nationale.
« Il n’y a rien pour les athlètes, déplore-t-elle. Il faut qu’on paye pour tout. »
Or, un programme de subventions nommé Programme de bourses pour les athlètes de haut niveau (High Performance Athlete Grant Program) dont l’objectif est précisément le soutien financier à l’entraînement des athlètes de haut niveau existe bel et bien aux TNO. Des bourses allant de 5000 à 15 000 dollars sont disponibles.
C’est le ministère des Affaires municipales et communautaires qui est responsable du sport et des loisirs. Son site Web, et notamment la page consacrée au programme en question, est entièrement unilingue. Une note indique cependant qu’une traduction du contenu est en cours de réalisation.
Les consultations en personne sont terminées, mais les Franco-Ténois qui veulent faire parvenir leurs commentaires par écrit à la firme de relations publiques chargée de rédiger le rapport peuvent encore le faire. Des formulaires sont disponibles auprès du Secrétariat aux affaires francophones du gouvernement des TNO.
On s’attend à ce que le rapport soit publié au printemps.

Deux photos pour accompagner le texte sur Hay River