Beaucoup de problèmes chez les jeunes : Groupe de travail sur les questions urbaines

02 juillet 1999
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Les jeunes Autochtones provenant d'autres régions font face à plusieurs obstacles dans leur intégration en milieu urbain, selon les membres du public ayant participé aux audiences les 23 et 24 juin derniers.

Parmi les problèmes soulevés devant le Groupe de travail sur les questions urbaines, les membres du public ont discuté des problèmes des étudiants autochtones vivant à l'extérieur de leurs communautés à avoir des bourses d'étude, de l'inaccessibilité à certains emplois et finalement, des problèmes d'alcool affligeant les jeunes Autochtones résidant en ville. La source de la plupart des problèmes semblerait provenir d'un manque de coordination entre les régions rurales et urbaines des Territoires du Nord-Ouest.

« Il fallait que je vive au sein de ma communauté pour au moins deux à trois ans avant de pouvoir recevoir de l'aide financière afin de poursuivre mes études », a expliqué Melissa Hardisty, une étudiante en soins infirmiers de Wrigley qui ne peut plus continuer ses études. Elle a entamé les démarches pour avoir de l'aide après être déménagée à Fort Simpson. Les réponses ont toujours été négatives.

Selon Tom Eagle, du centre communautaire Tree of Peace de Yellowknife, il est très difficile pour les Autochtones s'établissant en milieu urbain de trouver l'aide nécessaire afin de poursuivre leurs études. Souvent, les jeunes arrivant en ville n'appartiennent pas à la bande locale et ne reçoivent pas d'assistance de groupes qui ne sont pas titulaires des mêmes traités. De plus, le budget alloué aux bourses d'études du gouvernement des T.N.-O. est souvent dépensé avant que les jeunes puissent appliquer pour y avoir accès. Il a également évoqué un manque de renseignements concernant les bourses. « La plupart du temps les jeunes ne savent pas où aller chercher ces fonds ».

Même chercher un emploi peut s'avérer difficile pour un étudiant autochtone, selon Cynthia Welna, une citoyenne venue montrer le fruit de ses recherches sur le sujet. Elle soutient que les gouvernements ne créent pas assez d'emplois pour les jeunes Autochtones, à l'exception du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. Elle a fait savoir à la commission que la ville de Yellowknife n'avait aucune politique encourageant la chance égale à l'emploi pour les jeunes Autochtones, chose qui a été confirmée par plusieurs sources à l'hôtel de ville. Elle a également déploré le faible nombre d'étudiants autochtones engagés cet été par la ville. Cependant, la municipalité n'a pas pu fournir de chiffres exacts sur le nombre d'étudiants autochtones engagés cet été. La question sur l'origine ethnique n'apparaît pas sur le formulaire de demande d'emploi.

Greg Krivda travaille avec des jeunes Autochtones souffrant de problèmes de drogue et d'alcool. Selon lui, les jeunes Autochtones sont souvent pauvres et ils n'ont aucune place où aller lorsqu'ils arrivent en ville. Il affirme qu'il accueille entre 60 et 80 jeunes Autochtones chaque mois dans son bureau. « Les jeunes n'ont aucune place où aller. Il faut un centre pour les jeunes », a-t-il soutenu. Il a également dit qu'il faudrait quintupler le nombre de travailleurs sociaux travaillant avec les jeunes Autochtones à Yellowknife. Il est présentement le seul à oeuvrer dans ce domaine à Yellowknife.

Le Groupe de travail sur les questions urbaines a un mandat de l'Assemblée des Premières Nations d'examiner les problèmes individuels que doivent affronter les Autochtones vivant en milieu urbain.

Le rapport final sera soumis lors de la prochaine réunion des Premières Nations à Vancouver, le 22 juillet prochain.