Le montant maximum de 175 millions correspond à une assurance prise par la
compagnie Diavik Diamond Mines Inc. (DDMI) visant à garantir, en cas de
catastrophe par exemple, que les coûts de fermeture de la mine et son
nettoyage soient assumés par la compagnie et non par les contribuables
canadiens.
En construisant les installations comme l'usine d'épuration d'eau, les
digues et le site d'entreposage pour l'essence, on accumule des débris, du
granite, de la terre. « Évidemment l'accumulation de terre augmente avec
les années. Plus la mine prend de l'âge, plus les coûts associés au
nettoyage augmentent », a souligné le relationniste de DDMI, Tom Hoefer.
« Anciennement, le nettoyage du site minier se faisait seulement lors de la
fermeture de la mine. Aujourd'hui, le nettoyage s'effectue dès les
premières années », a poursuivi le représentant de DDMI. Afin de respecter
l'étude environnementale approfondie commandée par le gouvernement fédéral,
la compagnie va investir 37 millions de dollars pour assurer le nettoyage
du site dès les premières années de vie de la mine.
Si la société minière est satisfaite de l'Accord, elle doit rattraper le
temps perdu. « Nous avons le permis d'utilisation de la terre depuis le 9
mars dernier. Toutefois, nous avons perdu beaucoup de temps et nous ne
serons pas en mesure de transporter tout le matériel que nous avions
projeté d'envoyer sur le site, dont l'essence qui est l'une de nos
priorités. Sans essence, impossible d'utiliser l'équipement », a insisté M.
Hoefer.
Les employés de la société minière ont commencé à construire les camps, le
stationnement et un mur de roche avec revêtement pour entreposer l'essence,
dont la construction devrait être terminée d'ici quelques semaines. « Nous
ne pouvons remplir les réservoirs d'essence avant d'avoir un endroit pour
les y déposer. Hier matin (14 mars), 50 chargements de camions sont arrivés
sur les lieux », a confirmé M. Hoefer. Cependant, la construction du projet
minier débutera seulement lorsque la compagnie aura en main toutes les
autorisations requises (permis d'utilisation d'eau et d'explosifsŠ).
Si la DDMI semble respecter les délais « puisqu'il faut vivre avec ça ! »
comme l'a mentionné Tom Hoefer, la Chambre des mines des T.N.-O. a exprimé
son mécontentement. « Ce que le gouvernement fédéral a fait, on appelle ça
du chantage et de l'extorsion. Cela n'a rien à voir avec l'entente
environne-mentale, c'est une question de bénéfices », a suggéré le
directeur de la Chambre, Mike Vaydik. « Ils ont mis un fusil sur les tempes
de la compagnie. Même si nous sommes plutôt satisfait, les délais de six
semaines occasionnés par les négociations de l'Accord environnemental sont
néfastes pour le projet. La compagnie n'a aucune chance d'envoyer sur le
site du Lac de Gras les 1200 chargements de camion initialement prévus.
Elle ne réussira possiblement à n'envoyer que 30 % de la marchandise si les
conditions de la route de glace le permettent », a ajouté le directeur.
« Pour éviter ce genre de situation dans l'avenir, j'ai écrit au ministre
des Affaires indiennes et du Nord canadien, Robert Nault, à plusieurs
reprises, dont le 20 février dernier, pour lui demander de définir des
normes de protection environnementale claires », a déclaré M Vaydik.
La DDMI aimerait également que le gouvernement fédéral apporte des
précisions au processus d'évaluation des projets miniers. « L'étude
approfondie commandée par le gouvernement a nécessité 580 jours de travail.
C'est très long, beaucoup plus que de passer devant une commission, ce qui
nécessite un maximum de 396 jours après lesquels une décision doit être
rendue », a expliqué M. Hoefer. « L'idée d'un guichet unique qui prendrait
les décisions environnementales est attirante. Dans certains pays, les gouvernements ont mis sur pied ce genre de système pour faciliter la vie aux entreprises. Mais, ce n'est pas la réalité canadienne », a affirmé le
représentant de DDMI.
Même son de cloche du côté de GTNO. « Les responsabilités devraient être
entre les mains du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Nous
aimerions avoir les pouvoirs de réglementer en la matière, c'est notre
vision à long terme. De meilleurs résultats sont obtenus quand les
décisions sont prises par les personnes qui sont directement affectées par
le développement », a soutenu Bob McLeod du ministère des Ressources, de la
Faune et du Développement économique.
Prochaine étape du projet Diavik : obtention du permis d'utilisation de l'eau.