Nouvelle direction à la FFT : Francis Lemieux laissera ses allégeances libérales au vestiaire

11 mars 2010
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Francis Lemieux (Photo : Batiste Foisy)

Francis Lemieux (Photo : Batiste Foisy)

Le nouveau directeur général de la Fédération franco-ténoise ne veut pas faire « de la petite politique de mesquinerie ».

Francis Lemieux ne cache pas son passé de militant du Parti libéral du Canada, pas plus qu’il ne renonce à ses préférences politiques. Mais le nouveau directeur général de la Fédération franco-ténoise (FFT) entend assumer ses nouvelles fonctions de façon tout à fait non-partisane

« Je n’ai jamais mélangé politique partisane et intérêts professionnels, confie-t-il en entrevue avec CIVR Radio Taïga. Lorsque j’aurai à rencontrer des gens du NPD, des gens du Parti conservateur ou du Parti libéral ou du Bloc québécois ou d’autres formations politiques, je n’ai pas l’intention de faire de la petite politique de mesquinerie. Ce qui prime, d’abord et avant tout, c’est la défense des droits des francophones des Territoires du Nord-Ouest. »

Celui qui a occupé un certain temps le poste de président de l’Association libérale fédérale du comté de Lévis-Bellechasse se dit en outre à l’aise de travailler avec des gens de tous les milieux politiques. « J’ai eu des bonnes relations avec des gens du Parti conservateur autant que du Parti québécois ou du Parti libéral [du Québec] et du Parti libéral fédéral », dit-il.

Celui qui a grandi et vécu la plus grande partie de sa vie dans la région de Chaudière-Appalaches, près de Québec, admet avoir peu d’expérience dans le milieu francophone minoritaire, mais il mise sur sa vaste expérience de gestionnaire pour en faire bénéficier l’organisme porte-parole de la francophonie des Territoires du Nord-Ouest.

Dans ses expériences professionnelles précédentes, note-t-il, « il se dégage des tangentes communes qui sont, premièrement, le travail en collaboration, deuxièmement, le travail avec plusieurs partenaires, et troisièmement, la défense des droits. » À cet égard, celui qui a œuvré au sein de différentes chambres de commerce précise s’être « battu pour faire valoir les droits des entrepreneurs ».

Collaboration

Francis Lemieux arrive à la direction de la FFT, alors que l’organisme entreprend une nouvelle ère de son développement. Après avoir épuisé les recours judiciaires, le défenseur des droits des Franco-Ténois doit maintenant veiller à la mise en application de l’ordonnance de la juge Moreau, qui intime le gouvernement des TNO d’offrir une panoplie de services en français en conformité avec la Loi sur les langues officielles territoriale.

« Je pense que, le climat de confrontation, on peut dire que c’est chose du passé, déclare Francis Lemieux. Nous cherchons des terrains d’entente. »

Il annonce que la table de concertation qui doit se pencher sur la mise en œuvre de l’ordonnance Moreau pourrait se réunir pour la première fois dès le mois d’avril. Il faudra sans doute attendre au moins trois ans avant que des résultats au niveau de l’offre gouvernementale de services en français soient palpables, tempère-t-il, prudent.

Des discussions en vue de la préparation de cette première rencontre de la table de mise en œuvre devaient même avoir lieu cette semaine, confie celui qui a pris les rênes de la FFT il y a moins de quinze jours.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancien directeur général de l’Expo-BBQ Bellechasse, une foire agricole, se retrouve sur le plancher des vaches.