Un constat d'échec : Forum sur le français aux T.N.-O.

12 mars 1999
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À l'approche de la relâche printannière dans les écoles, la Fédération Franco-TéNOise remettait ses notes aux différents ministères du gouvernement territorial. La note, un maigre 40%, signifie donc un constat d'échec pour le gouvernement.

Lors du Forum sur le français aux Territoires du Nord-Ouest, deux exercices d'évaluation de la prestation de services en français par le gouvernement territorial ont été présentés aux participants.

Sylvie Francoeur a présenté les résultats de l'«Opération Polaroïd Territoires du Nord-Ouest» réalisé par la firme Nadeau, Beaulieu et Associées.

De son côté, le directeur général de la Fédération Franco-TéNOise (FFT) a présenté un document concernant plus de 151 infractions à la Loi sur les langues officielles des T.N.-O. qui ont fait l'objet de plaintes dirigées à l'encontre du gouvernement territorial pour son défaut de publier des annonces en français pendant une période de quatre mois.

L'étude de Nadeau, Beaulieu et Associé.e.s visait à vérifier la disponibilité des services en français auprès des agences et des ministères du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. L'étude a été intitulée «Opération Polaroïd» car elle prenait un cliché de la situation des services en français, un journée typique, en l'occurence, le 11 février 1999. Lors de cette étude, une cinquantaine de bureaux du gouvernement territorial ont été contactés.

Dans 49 cas sur 50, aucune offre active n'était faite. Le seul bureau a faire de l'offre active a été la Commission des licences d'alcool d'Iqaluit alors que le préposé a accueilli son client en trois langues : français, inuktitut et anglais.

Bien qu'un seul bureau ait offert activement un service en français, 7 des préposés pouvaient s'exprimer en français et étaient donc en mesure d'offrir activement un service dans cette langue.

Autre statistique intéressante, 42% des préposés incitaient, parfois fortement, le client à parler anglais. On est donc bien loin d'une offre active de services alors que 21 des préposés contactés encourageaient expressément le client à s'adresser en anglais. Dans un cas, le proposé a même raccroché le téléphone.

Finalement, dans seulement 40% des cas a-t-il été possible d'obtenir le service en français.

Seulement 47% des bureaux visités offraient un écriteau ou une petite affiche soulignant la possibilité d'obtenir un service en français.

Lorsqu'un document ou formulaire en français était demandé, dans 75% des cas, ce document ou formulaire n'était pas disponible immédiatement.

En ce qui concerne la publication de publicité en français, durant la période du 15 octobre 1998 au 15 février 1998, plus de 151 infractions ont été relevées par la FFT et ont fait l'objet de plaintes. Tous les ministères du gouvernement ont été touchés par ces plaintes. Notons que la majorité des réponses reçues par la FFT étaient rédigées en anglais seulement ce qui va à l'encontre des obligations du gouvernement de communiquer avec le public dans la langue choisie par ce dernier.