Éditorial : Fort à rattraper

26 mars 2014
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La voix de Greenpeace s’est élevée dans le désert glacé de la taïga ténoise. Mais elle se sentait bien seule cette poignée de protestataires qui déambulait devant l’Assemblée législative de Yellowknife.
Cela fait des années que les chasseurs et trappeurs autochtones du Canada essaient de renverser la vapeur en ce qui concerne l’interdiction de vente de fourrure en Europe et en Amérique. Il n’y a pas eu que des starlettes en mal d’une cause sociale bien à elles pour dénoncer le carnage des petits bébés phoques. Il y a eu aussi des groupes écologiques comme Greenpeace qui se sont joints à la bagarre et qui ont assené quelques coups bien placés à la gueule de plusieurs résidents des TNO.
Depuis ce temps, cet organisme a fait volte-face et reconnait maintenant l’importance de la chasse et de la trappe pour la santé physique et économique des premières nations et des Inuits du Canada.
Cette reconnaissance du mode de vie des autochtones canadien s’est aussi faite en Europe. Malgré tout, je crois qu’il faudra encore quelques décennies avant qu’un groupe comme Greenpeace puisse être accueilli à bras ouverts par un segment de la population qui se retrouvait victime de ses insultes et de ses accusations; un segment de la population qui ne lui fait pas confiance.
Greenpeace reconnaît maintenant que le réchauffement climatique (dont sont en partie responsables les petites starlettes et leurs résidences énergivores d’Hollywood) est beaucoup plus dommageable à la survie de plusieurs espèces vivantes en Arctique que ne le sont les activités humaines de chasse et de trappage. Le problème de Greenpeace est qu’il ne sera pas en mesure d’être l’architecte d’une action concertée dans ce dossier. Il faudra qu’un autre organisme s’impose. Le passé de Greenpeace est le garant de son échec dans ses actions futures.