Fort Chipewyan marque le début d’une citoyenneté écologique

22 août 2008
0 Commentaire(s)


L’association Keepers of the Water a pour mission de réunir les peuples qui vivent le long de l’Athabasca et de son bassin, mais elle couvre également tout le Nord du Canada, le long du Mackenzie et jusque dans l’Arctique. Elle fait partie d’une organisation plus large qui s’appelle The Arctic Drainage Basin Keepers of the Water. Le groupe environnemental est composé de membres de Premières Nations, de Métis, d’Inuits.

L’une des forces de l’organisme est le travail en réseau avec d’autres organismes à travers le monde. L’objectif de Keepers of the Water est de créer, chez les groupes qui les appellent, la capacité de travailler ensemble, de gérer l’information et d’animer des actions de coopération et d’information publique.

Connie Bresnahan, coordonnatrice de l’association, a organisé l’intervention à Fort Chipewyan. Elle insiste sur le fait que le problème soulevé en Athabasca concerne tout le Nord. « On parle d’une région entière et les problèmes rencontrés dans la rivière Athabasca se retrouvent aussi dans le Mackenzie, par exemple. Là-bas, les gens ont très peur des effets de la pollution sur leur santé. On a à bâtir une prise de conscience inter-régionale. Cet été, on aura visité en tout 11 communautés qui partagent toutes la même problématique. »

Concernant les outils que l’association met à la disposition des groupes publics, la coordonnatrice explique : « Nous faisons se rencontrer des Aînés à travers le Nord depuis septembre 2006. Nous aidons aussi à développer des arguments pour négocier avec les gouvernements, car ceux-ci ne sont pas préparés et ne veulent pas écouter ce que les gens veulent dire. Pourtant ce qui se passe au Canada est insoutenable, et la plupart des habitants sont désarmés face au mutisme des gouvernements, qui sont eux-mêmes en lien direct avec les industriels. Alors, nous aidons les gens à travailler ensemble, à mettre en place des réseaux. À Fort Chipewyan, 17 organismes de soutien sont venus pour aider les Premières Nations : c’est énorme. »

Cette urgence de travailler ensemble est bien comprise par les peuples autochtones, et Fort Chipewyan est un premier pas dans la construction d’une identité de citoyens concernés auparavant par d’autres sujets, notamment les limites de territoires.

Connie Bresnahan termine en disant que l’association sera présente à la Sahtu Water Conference à Fort Good Hope, du 2 au 5 septembre 2008 et que la prochaine grande manifestation sur l’eau aura lieu dans le nord de la Saskatchewan en 2009.