Fort Chipewyan est un symbole de la lutte pour l’eau

22 août 2008
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Le bassin de la rivière Athabasca couvre 270 000 kilomètres carrés, traversant des territoires répartis sur la Saskatchewan, l’Alberta et une petite portion des Territoires du Nord-Ouest. C’est l’un des plus grands du monde et c’est aussi le plus grand bassin boréal au monde, il contient plus de 1000 lacs. Les eaux s’écoulent du sud vers le nord, le Grand Lac des Esclaves et le fleuve Mackenzie reçoivent directement des eaux du bassin de l’Athabasca par le biais d’affluents.

C’est dire qu’une immense partie des eaux des Territoires du Nord-Ouest sont concernées par les problèmes de pollution venant du sud. Dans ce bassin, qui s’étend de Jasper, aux sources de l’Athabasca, jusqu’à Fort Chipewyan, se côtoient 15 Premières Nations et 40 réserves. Le nord de l’Alberta est réputé pour développer de nombreux sites et projets d’exploitation de sables bitumineux.

Le pétrole responsable

Cette industrie pétrolière est jugée comme la grande responsable de la pollution croissante des eaux nordiques. La pétition souligne le rapport qu’il peut y avoir entre la contamination de l’environnement et les importants effets néfastes de cette contamination sur la santé des résidents de Fort Chipewyan. Elle demande des actions immédiates pour sévèrement limiter et raisonner les projets industriels ainsi que des actions pour évaluer les impacts réels des polluants sur la santé humaine, animale et environnementale.

C’est un médecin, le Dr John O’Connor, engagé en 2000 dans la communauté, qui a rapidement soulevé un grave problème de santé publique. Il a remarqué un nombre anormalement élevé de types rares de cancers et de maladies auto-immunes au sein d’une population d’à peine un millier de personnes, vivant en majorité des ressources de la terre et des eaux.

Il a d’ailleurs pris l’initiative d’en parler publiquement à la radio, ce qui lui a coûté sa place de médecin dans ce village. Parallèlement aux conclusions du médecin, des habitants rapportaient de plus en plus souvent des cas de difformité chez les poissons ou des cas de maladies du foie chez des animaux de la forêt. Enfin, les besoins énormes de l’industrie pétrolière pour exploiter les sables bitumineux provoquent des baisses considérables du niveau des eaux de la rivière, celle-ci ayant perdu 30 % de son niveau moyen annuel en 35 ans.