« Nous sommes maintenant des voyageurs du Nord », affirme le chanteur du
groupe The Punters, après avoir effectué le trajet St-John's (Terre-Neuve),
Toronto, Iqaluit, Rankin Inlet et Yellowknife. « Yellowknife, c'est comme
chez nous. Ça ressemble au nord de Terre-Neuve. Ce n'est pas étrange »,
ajoute-t-il. Leur musique, un mélange irlandais, écossais et anglais, a
ravi la foule qui se trémoussait, au son du violon, face à la scène
transformée en une immense piste de danse.
Le Beer Garden aura sans doute été le forum le plus animé tout au long de
ce festival. Un record a d'ailleurs été battu en ce lieu. Non, il ne s'agit
pas du nombre de bières vendues, mais bien du nombre d'objets perdus !
C'est l'endroit où l'on a trouvé un nombre record d'objets échappés dans le
sable lors d'un bel après-midi de danse endiablée sous le chaud soleil des
T.N.-O.
Les membres du groupe Kevin Quain and the Mad Bastards se souviendront
longtemps de leur aventure à Yellowknife. Ils ont passé quelque huit heures
à l'aéroport de Toronto, manqué deux avions, dormi à Toronto, sauté
dans un taxi car l'autobus devant les amener à l'aéroport ne s'est pas
présenté. Finalement, ils sont arrivés à Yellowknife une demi-heure avant
le début de leur spectacle ! « On nous a demandé si nous voulions toujours
jouer. C'est tout ce que l'on voulait faire après cette aventure », a
expliqué le saxophoniste, qui attendait encore ses valises au moment de
l'entrevue.
Parmi les artistes invités se trouvaient deux groupes de Suédois : Hoven
Droven et Triakel. Le premier jouait une musique traditionnelle folklorique
suédoise. D'ailleurs, Hoven Droven signifie « Un peu de ci, un peu de ça ».
« La musique, c'est n'importe quoi et tout à la fois. C'est thérapeutique
», soutient le percussionniste du groupe Hoven Droven. Deux des membres du
groupe se sont baladés dans la foule durant le spectacle.
Une autre forme de thérapie était certainement l'atelier de tam-tam où
l'amuseur public Lyle guidait des gens vers des rythmes inconnus. « J'ai
appris à jouer du tam-tam en Afrique du Sud et depuis je donne des
ateliers. Les gens veulent jouer. Trop souvent on pense que la musique,
c'est l'affaire de spécialistes, mais c'est faux. Tout le monde peut jouer
du tam-tam. Je veux que les gens, par le tam-tam, sentent le rythme
extérieur du drum et leur propre rythme intérieur », précise Lyle.
Folk on the Rocks 2000 a donc réchauffé une foule déjà bien dorée par les
chauds rayons du soleil. Le festival a projeté le spectateur dans un
univers détendu, où chants, rythmes et styles colorés formaient un curieux
mélange d'épices ! J'en voudrais bien un deuxième bol !
Le Centre correctionnel de Yellowknife a aussi eu droit à deux spectacles
vendredi soir. Les groupes Chester Knight and The wind et Sandy Sanderson
ont amené un peu de Folk on the Rocks à l'intérieur des murs du centre pour
remercier les gars de leur aide sur le site. Ces derniers ont mis sur pied
les scènes du festival. « Nous voulons que tout le monde puisse en
profiter. Il n'y a pas de frontières dans le monde de la musique. Les gars
du centre étaient vraiment contents. Nous avons même signé quelques
autographes », s'exclame un des membres de Chester Knight.