Je ne tiens pas à vous garder dans un environnement de maladie, mais c'est
quand même la réalité qui s'impose à moi en ce retour de voyage. La turista
est un danger qui guette tout voyageur. Et alors, gare. Rien ne sert de
chercher d'où ça vient, comment c'est arrivé, comment ça va partir. Toutes
vos interrogations demeureront sans réponse. D'où ça vient ? Ça peut
vraiment venir de n'importe quoi, de n'importe où. C'est impossible à
détecter. Comment ça arrive ? Ça peut arriver n'importe comment : la
nourriture, la température, une boisson contaminée, de la glace faite
n'importe comment. Bref, les réponses sont introuvables. Comment ça
disparaît? Alors là, voilà la question la plus épineuse de toutes, si je
peux m'exprimer ainsi. Bref, ne pas de décourager, ne pas déshydrater,
garder le moral... et attendre. Voilà donc le triste sort réservé à votre
humble servante en cette veille des Fêtes.
Je vais vous passer des détails du voyage de retour en avion. Qu'il suffise
de vous dire que les avions étaient en retard de Vancouver. L'avion pour
Yellowknife a donc dû nous attendre à Edmonton. Nous étions une dizaine de
passagers à changer d'avion. Donc, pas surprenant que nos bagages n'aient
pas suivi. Je m'y attendais. Ce qui m'a prise de surprise a été le temps :
-36 C, on ne rit plus. Et je ne suis pas habillée pour ça, bien entendu. Je
demande à une agente de bord si je peux emprunter une couverture que je
rapporterai le lendemain. Permission accordée. Je tente de relaxer un peu.
Il est maintenant près de minuit. Je suis arrivée vers midi à Vancouver,
après un vol de onze heures entre Hong Kong et Vancouver. Les heures
commencent donc à s'accumuler, tout comme la fatigue, d'ailleurs. Je
calcule que je serai dans mon lit vers une heure du mat. J'ai tellement
hâte d'y être. En plus que le ventre commence à me tirailler. Comment on
fait pour faire un si long voyage avec une turista ? Voilà la question à
cent point dont les voyageurs à long cours connaissent la réponse. Il
s'agit d'un médicament maudit qui fait un bouchon. Plus rien ne passe, Tout
macère tout doucement à l'intérieur. Ce médicament n'est vraiment pas
conseillé... sauf si vous avez à faire un long trajet. Le choix vous
revient alors. Et pour moi, pas le choix. C'est à l'arrivée que les effets
secondaires se font sentir, et le choix du mot est bien pesé.
Mais tout doucement, au bout de quelque 48 heures ou peu s'en faut,
j'arrive à la maison. Quel bonheur de retrouver ses bonnes vieilles
toilettes. Je suis rendue, heureuse de l'être.
Je m'excuse un peu de finir ainsi mon voyage, mais que voulez-vous, souvent
les voyages finissent ainsi, sur un air un peu plus triste, plus terre à
terre, sur une note un peu plus triste, quoi ! J'avais quand même envie de
partager le voyage avec vous jusqu'à la fin. Voilà qui est fait.
Je vous souhaite de bonnes vacances, de bons voyages (plusieurs d'entre
vous s'en vont dans leur famille). Profitez bien des quelques jours qui
restent cette année : ce sont les derniers du millénaire : en effet, nous
entrons vraiment dans le nouveau millénaire le premier janvier de cette
année. Pour ma part, je me remets de mes émotions et je devrais être prête
pour de nouvelles aventures en janvier. Là-dessus, la bise, et Joyeux Noël
et Bonne Année !
genevharvey@yahoo.com