Kativavik boucle la boucle! : Fin d'une année d'activités

21 mai 1999
0 Commentaire(s)
Tout comme le font les fourmis, les participants du groupe Katimavik s'entraident, travaillent, produisent.

Véritable petite usine, leur maison regorge de vie, d'esprit et d'énergie.

Ça sent la fin dans la maison Katimavik. Après trois mois de vie commune passée à Yellowknife, les six participants s'apprêtent à plier bagage. Oui, ils sont contents de mettre un terme à cette expérience qui leur aura permis de vivre dans trois différentes villes canadiennes au cours des neuf derniers mois mais, ils sont à la fois conscients de laisser tomber le rideau sur un acte important de leur vie.

«Katimavik m'a beaucoup aidé à faire le point sur ma vie. Avant, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire mais maintenant, je sais beaucoup plus où je m'en vais. J'aimerais voyager encore un an et ensuite, aller à l'université», confie Mathieu Goulet.

S'il y a un mot pour décrire l'objectif premier du programme Katimavik, c'est sans nul doute «communication».

«Notre problème, c'est justement de trop communiquer », explique en riant le participant Francis Fortin.

«L'emphase est mise sur la communication. On en vient à agir comme entre frères et soeurs. La différence c'est qu'après s'être disputé avec un frère ou une soeur on ne va pas s'excuser, alors que dans Katimavik, on doit le faire», spécifie l'agent de projet, Andréa Sterzuk.

Toutefois, ce n'est pas tous les groupes qui réussissent à atteindre un niveau de communication exemplaire.

«Ce groupe-ci fonctionne vraiment bien. Ils ont atteint un niveau de performance qui leur permet de réaliser des projets avec une grande efficacité parce qu'ils connaissent les forces et les faiblesses de chacun», ajoute Andréa.

Un programme comme Katimavik exige de s'adapter aux autres, de faire des compromis et d'accepter de perdre un peu de son intimité.

«Au fond, le seul endroit où nous pouvons être vraiment seuls et prendre du recul...c'est dans notre lit!», mentionne Claudine Mathieu.

«Il faut apprendre à s'adapter aux personnalités des autres et ce n'est pas toujours facile mais, en bout de ligne, ça nous permet d'apprendre à mieux se connaître», explique Kristina Romanyshyn.

Tous s'entendent pour dire que Katimavik «ce n'est pas pour tout le monde».

On part ou on reste. Ce groupe-ci a d'ailleurs perdu cinq participants en cours de route. C'est donc une expérience exigeante où l'égo et la patience sont mis à l'épreuve.

«La vie de groupe, c'est très spécial. Par contre, ça m'aura permis de vivre de très belles choses. Par exemple, de passer Noël et le Jour de l'An loin de ma famille me faisait un peu peur mais finalement, ç'a vraiment été super. Je ne me suis pas ennuyée du tout», souligne Chantal Landry.

Tout au long de leur expérience, les jeunes auront eu la chance de participer à différentes activités. Bien que certaines les auront un peu moins marqués, d'autres auront su les surprendre.

«Le traîneau à chiens et les cours de swing sont des activités que j'ai vraiment appréciées», indique Rémi Tremblay.

Après deux années de projet à Yellowknife au cours desquelles 66 participants ont travaillé pour différents organismes à but non-lucratifs, Katimavik tire sa révérence. Le projet à Yellow-knife ne sera donc pas renouvelé l'an prochain. Triste oui, mais Katimavik aura tout de même laissé sa marque puisque jusqu'à présent 12 jeunes des Territoires du Nord-Ouest ont appliqué pour les projets de l'année 1999-2000.

Être jeune et avoir la vie devant soi peut faire peur. Beaucoup d'attentes du monde extérieur nous frappe de plein fouet et nous fait parfois oublier nos propres ambitions, nos propres projets. Si Katimavik a le mérite d'aider les jeunes à mieux se connaître et à faire les choses en fonction de ce qu'ils sont, il aura atteint un bel objectif.

Chapeau à Katimavik et bonne chance à ses participants!