Énergie alternative : Faire la vaisselle au soleil

23 juillet 2009
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Steve Outlet tire le chauffe-eau par tube solaire utilisé

au festival de Yellowknife. (Photo : Maxence Jaillet)

Steve Outlet tire le chauffe-eau par tube solaire utilisé au festival de Yellowknife. (Photo : Maxence Jaillet)

L’Arctic Energy Alliance fournit l’eau chaude pour la traditionnelle vaisselle d’Ecology North à Folk on the Rocks.

 

Chaque année, Ecology North permet aux festivaliers de déguster les mets multiculturels vendus à Folks on the Rocks sur de vraies assiettes. Pour l’édition 2009, les plongeurs bénévoles qui ont lavé toutes ces assiettes sales sur le site même des festivités ont profité de tubes solaires pour chauffer leur eau de vaisselle. Le système de chauffe-eau par tubes solaires utilisé pendant les deux jours a été mis au point par l’équipe d’Arctic Energy Alliance (AEA) à Yellowknife.

« C’était la première fois que nous utilisions ce prototype, et nous avons réussi à chauffer un ou deux gallons d’eau à une température de 50°C à chaque demi-heure », explique Ian Cleary, un membre de l’équipe qui a construit ce système. Il ajoute que pour les besoins de l’activité, il était préférable de chauffer une petite quantité d’eau au fur et à mesure plutôt que le volume du réservoir au complet, qui est de dix gallons (37,8 L) sur ce modèle.

Les tubes solaires utilisent les radiations solaires de haute énergie pour emmagasiner de la chaleur pour la transmettre ensuite à l’eau contenue dans un réservoir. Le prototype utilisé à FOTR est composé de dix tubes solaires, d’une pompe, d’une unité de contrôle et d’un radiateur pour ne pas surchauffer l’eau. Le coût estimé de ce prototype approche 3500 dollars sans compter le réservoir d’eau et la plomberie.

« Ce n’est pas un procédé qui chauffe l’eau très rapidement. Il faut un certain temps d’ensoleillement pour que l’eau devienne chaude. Autant dire que dans le Nord, il n’y a aucun problème pour avoir de l’eau chaude l’été, par contre l’hiver, c’est inefficace », confie Ian Cleary.

Steve Outlet, chef de projet à AEA, prétend qu’il est tout à fait possible qu’un tel système puisse fournir la totalité des besoins en eau chaude d’une maison à Yellowknife. « Durant l’été avec un système un peu plus important et bien ajusté à la consommation du ménage, une maisonnée peut subvenir à ses besoins journaliers : douche, vaisselle, laveuse. Les tests ont démontré que ce procédé est efficace du printemps jusqu’à l’automne. » Cela représente un investissement intéressant selon M.Outlet, même s’il estime qu’il faut près d’une décennie pour le recouvrir. Il mentionne qu’il existe deux fournisseurs aux TNO, un à Yellowknife et un autre à Fort Smith.

Les tubes solaires sont un ensemble de trois tubes enchâssés les uns dans les autres, « un tube dans un tube dans un tube », comme le décrit Ian Cleary. Le tube extérieur est composé d’une vitre qui ne contient que très peu de fer, ce qui permet une pénétration optimisée du rayonnement solaire et de ses infrarouges. L’espace vide entre les deux premiers tubes dirige les rayons directement sur le tube intérieur noir qui absorbe l’énergie solaire. « Tant que le soleil brille, la température peut atteindre 200°C dans la partie supérieure des tubes, même s’il fait –40°C dehors. Le troisième est un tube de cuivre scellé sous vide où une petite quantité d’eau va bouillir puis se condenser après avoir transmis sa chaleur à la tête du système », explique le conseiller technique de l’AEA.

La partie supérieure des tubes (où s’accumule la chaleur) est le lieu de transfert vers un fluide antigel qui diffusera la chaleur vers le réservoir d’eau. Ces collecteurs solaires sont constitués de matériaux ininflammables et il n’y a pas de risque de surchauffe même si la pompe permettant au fluide antigel de circuler n’est plus alimentée par le courant, par manque d’électricité par exemple.