Fort Simpson : Expo d’une Québécoise

12 mars 2009
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(Photo :  Open Sky Society) L’exposition Habitat I apporte aux TNO la vision d’une artiste québécoise sur nos objets de la vie quotidienne et leur utilisation dans nos environnements sociaux

(Photo : Open Sky Society) L’exposition Habitat I apporte aux TNO la vision d’une artiste québécoise sur nos objets de la vie quotidienne et leur utilisation dans nos environnements sociaux

Habitat I, l’exposition hébergée jusqu’au 30 mars à la galerie Open Sky Society de Fort Simpson, propose une vision québécoise de la création contemporaine en art visuel.

Des chandails, 350 exactement, croisés, superposés, étalés sous forme de grand tapis dans la galerie d’art de Fort Simpson. Ils sont délimités par un mince couloir de circulation, pour que les visiteurs puissent marcher autour.

Cette création est l’œuvre d’une artiste du Québec, Geneviève Sideleau. Elle habite à Montréal, où elle a récemment installé son studio de création en art visuel. Elle a suivi une formation universitaire en arts où elle a développé une approche interdisciplinaire de l’objet dans ses différents contextes d’utilisation.

« Ma maison est souvent mon lieu d’inspiration, dit-elle. Ma pratique interdisciplinaire interroge la relation entre le contexte de lieu et le contexte social. Je veux découvrir et comprendre les cycles de naissance et de mort, d’action et de repos, de recyclage, et communiquer une vision de la condition humaine à travers ces mouvements de vie. »

La répétition des objets et des mouvements appliqués aux objets est une composante essentielle du travail de création de cette jeune artiste, qui définit ainsi son processus d’inspiration : « j’utilise des objets de la vie quotidienne en animant l’inanimé ».

L’artiste a décidé un jour d’orienter sa réflexion vers cette thématique, tout simplement en déménageant. Lorsqu’elle s’est aperçue que les objets qu’elle transportait d’un domicile à l’autre se comptaient parfois en double, voire triple exemplaire, elle a eu un déclic pour la collection des objets superflus et pour la mise en valeur de ces pièces non utilisées, inanimées. « Dans mon studio, j’apportais des choses de la maison et tout a commencé comme ça, raconte-t-elle. Dans mes pièces, je compose sur la répétition visuelle. Je travaille avec les objets qui m’entourent, trouvés ou donnés. J’utilise aussi du son, de la peinture, du dessin. Pour ma thèse de maîtrise l’an passé, j’ai confectionné 100 petits lits blancs, avec leurs oreillers et leurs couvertures, que j’ai suspendus au plafond. »

À l’Open Sky Society, Michael Blyth reconnaît que le choix d’exposer une œuvre de cette artiste québécoise correspond à un désir de fournir à sa collectivité une ouverture sur les arts contemporains. « Nous changeons de thématique toutes les six semaines, explique-t-il. Nous avions une exposition d’artisanat d’art sur nos murs, aujourd’hui nous avons cette exposition sur le sol. Cela nous permet d’utiliser l’espace d’une autre façon, de le faire vivre différemment. »

La sélection de l’artiste s’est faite en fonction des œuvres qu’elle a déjà réalisées et exposées. Son travail a été jugé suffisamment « expressif » pour que l’équipe de Fort Simpson décide d’accueillir son œuvre durant cette fin d’hiver.

Pour Geneviève Sideleau, qui a de la famille à Yellowknife, cette ouverture sur le Grand Nord canadien est une joie certaine. « Ce travail avec des chandails est parfaitement adapté au Nord et au froid, déclare-t-elle. Je pense que ce qui a séduit l’Open Sky Society c’est les rituels que je mets dans mes œuvres. Les communautés indiennes ont aussi des rituels. Ils ont accepté ma soumission, ils m’ont demandé d’écrire sur mon travail. On a échangé par courriel. C’est aussi simple que ça. »