Faire l'autruche. : Exploitation sexuelle

15 décembre 2000
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Cherry Kingley et Melanie Mark de l'Aide à l'enfance Canada ont parcouru le pays durant cinq mois et sont allées dans 22 communautés pour rencontrer des jeunes [12 à 24 ans] ayant été exploités sexuellement. Le 4 décembre dernier, elle ont rendu public leur rapport Vies sacrées : les enfants et les jeunes autochtones s'expriment sur l'exploitation sexuelle. Le rapport fait état de réalités inquiétantes. " Dans certaines communautés, comme Winnipeg, plus de 90 % des enfants et des jeunes victimes d'exploitation sexuelle sont d'origine autochtone [dans des secteurs où la population autochtone représente moins de 10 % de la population totale] ", affirme la coordonnatrice des communications d'Aide à l'enfance Canada, Nicole Amoroso.

Selon le rapport, " tous ces vécus ont quelque chose en commun : dans une vie faite de pauvreté, d'abus et de discrimination, la prostitution n'est pas un choix de vie; c'est de l'exploitation sexuelle. " D'ailleurs, selon le Conseil de santé de Richmond/Vancouver, 80 % des enfants autochtones de la Colombie Britannique vivaient dans la pauvreté en 1997. Les recommandations, émises par les jeunes rencontrés, suggèrent notamment un nombre supplémentaire de travailleurs sociaux et de refuges. " Un local [d'accueil autochtone] ouvert 24 heures par jour, où on pourrait aller sur le coup, ça c'est le genre de local qui ferait mon affaire ", affirme un jeune homme d'Iqaluit.

Certains jeunes soulignent qu'il faut briser le mur du silence comme cette participante de Thunder Bay (Ontario). " Personne ne veut discuter de la question de l'exploitation sexuelle. On sait tous que ça se fait. Il faut que notre génération fasse quelque chose, sinon cette réalité va se perpétuer, c'est moi qui vous le dit. Trop de gens refoulent leurs souffrances. Il faut que le monde arrête de se mettre la tête dans le sable. "

Les médias ont également été pointés du doigt. " Ils [médias] nous montrent en général les plaisirs et le pouvoir de séduction de la sexualité, mais ils en montrent rarement les problèmes et les conséquences plus désastreuses ", est-il écrit dans le rapport.

" Nous sommes un peuple égal mais très différent. On vit depuis des années dans un climat d'abus, et un jour, les gens vont comprendre pourquoi certains d'entre nous sont comme ils sont ", raconte aussi une jeune femme d'origine autochtone.
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