Cinéma documentaire : Être jeune, francophone et ténois

12 mars 2015
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Georgia Dawson et Kiera Boulanger. (Photo: Denis Lord)

Georgia Dawson et Kiera Boulanger. (Photo: Denis Lord)

Les réalités sont différentes d'une personne à l'autre
 

Une réflexion sur l'identité et un regard sur le processus de création, voilà ce qu'offre un documentaire pour l'instant sans titre qui sera présenté au Capitol de Yellowknife le 27 mars.
La dernière fin de semaine de février, huit jeunes des écoles francophones de Yellowknife et Hay River et des classes d'immersion de Fort Smith et Inuvik se sont rencontrés dans la capitale des TNO pour mettre la dernière touche à ce projet. Il s'agissait d'une initiative du coordonnateur du Réseau Jeunesse TNO Nuka de Jocas-McCrae.
Ils ont eu droit à une visite privée du Château de glace, ont fait du traîneau à chiens et expérimenté la décoration de verres au Old Town Glassworks. Mais surtout, Rose Démétré, Kiera Boulanger, Georgia Dawson, Dahra Maduke, Hannah Porter, Bromwin Rutherford-Simon, Katelynn Crocker et
Samantha McDonald ont eu l'occasion de se connaître, avec comme toile de fond un questionnement sur ce que c'est d'être un jeune francophone ténois.
Dans une scène tournée au musée Prince-de-Galles, les élèves ont fait un brainstorming sur ce qu'évoquaient pour eux communauté, jeunesse, francophonie et TNO et ont ensuite partagé sur ces notions.
"C'était un très bel échange, commente Nuka de Jocas-McCrae, tourné dans une salle avec un beau décor fait d'animaux empaillés.»

Franco or not Franco
Les réalités sont différentes d'une personne à l'autre, avec de surcroît des marges marquées entre classes d'immersion et écoles francophones. Georgia Dawson, 10e année, de Hay River, ne se définit ni comme francophone ni comme anglophone. Son père est anglophone; quant à sa mère, elle a été élevée par des parents francophones mais en l'absence d'une école francophone; ainsi donc aujourd'hui, la mère de Georgia comprend tout mais parle peu sa langue maternelle.
Décrivant son expérience, Georgia a déclaré avoir aimé rencontrer les autres participantes et constater leurs différences. « Dans des écoles d'immersion comme Fort Smith et Inuvik dit-elle, ils parlent anglais dans une classe
et français dans une autre. À Yellowknife et Hay River, nous avons beaucoup plus de chances de parler français.»
Hannah Porter étudie à Fort Smith et, comme Georgia, songe à devenir vétérinaire plus tard. La rencontre de fin février n'a pas alimenté chez elle de réflexion particulière sur la francophonie mais elle a apprécié de se retrouver avec d'autres jeunes partageant sa langue. «À Fort Smith remarque Hannah, mes amis anglophones m'agacent tout le temps: "Ah t'es en français." Ici, tout le monde parle français.»
Ce sont les parents de Bromwin Rutherford-Simon qui l'ont obligée à s'inscrire en immersion à Fort Smith. Elle aime parler français, ignore si elle sortirait du programme d'immersion si elle en avait l'opportunité.
Rose Démétré, 8e année à Saint-Cyr, a profité de la rencontre pour en apprendre davantage sur les autres communautés. «Honnêtement, ça m'a permis de me rappeler que j'avais plus, en termes de francophonie (outils et personnes) que certaines communautés et des fois, ça fait du bien se le faire rappeler.»

Une expérience
Par-delà la réflexion sur l'identité inhérente au tournage, les filles ont aimé s'amuser entre elles. « Ce que j'ai aimé, explique KIera Boulanger, de l'école Boréale, c'est visiter le château de glace. La rencontre m'a pas vraiment fait réfléchir je suis venue pour rigoler. Mais c'était intéressant de partager les points de vue et de comparer les nôtres sur les avantages et les désavantages d'être dans des petites communautés.»
Dahra Maduke, en 7e année à Saint-Cyr, a beaucoup aimé connaître d'autres personnes, faire des activités, et visiter des endroits de Yellowknife qu'elle ne connaissait pas, comme Old Town Glassworks. Et faire un film, ça lui a plu? «C'est sûr qu'avoir une caméra dans ton visage, au début ça fait bizarre, mais après ça tu t'habitues... un peu (rires). »
Nuka de Jocas-McCrae s'est déclaré fort satisfait et du matériel filmé et du groupe de filles, "très dynamique".
En première partie du film de Nuka de Jocas-McCrae, pour l'instant sans titre, sera présenté Les mots qui dansent, un documentaire d'Yves-Étienne Massicotte permettant de découvrir "l'univers de jeunes artistes sourds".