Énergie alternative : Et le soleil brillera pour l’eau chaude des Autochtones canadiens

10 décembre 2009
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Exemple d'un panneau solaire au design artistique alimentant un chauffe-eau. (Photo : courtoisie de First Power)

Exemple d'un panneau solaire au design artistique alimentant un chauffe-eau. (Photo : courtoisie de First Power)

Le gouvernement fédéral débourse un million de dollars pour un programme dirigé vers l’indépendance énergétique des communautés isolées qui produisent leur électricité par la combustion de diesel.

Remplacer progressivement les installations électriques-diesel qui asservissent économiquement les communautés isolées aux aléas du prix du pétrole. Diminuer l’impact environnemental de la production énergétique des collectivités canadiennes. Promouvoir la formation et donner aux Autochtones une emprise sur leur production énergétique. Ce sont les objectifs visés par le programme écoENERGIE pour le chauffage renouvelable annoncé, le 7 décembre dernier, par la représentante de la ministre fédérale des Ressources naturelles, la sénatrice Linda Frum.

Le gouvernement appuie à raison d’un million de dollars, une partie des installations de nouveaux de chauffe-eau solaires fournis par la compagnie First Power qui a pour mission d’aider les Premières nations à acquérir et à s’approprier des technologies propres et d’énergie renouvelable. Donna Morton, présidente du Centre for Integral Economics est une partenaire de First Power. Elle estime que ce programme de chauffe-eau solaire est la première pièce d’un casse-tête qui vise à éradiquer l’utilisation des ressources non renouvelables pour la production énergétique dans les collectivités isolées.

« Nous voulons identifier les communautés où les gens veulent changer les choses, où les résidents désirent travailler avec nous et où l’on peut sentir une passion pour les énergies renouvelables. Nous ne voulons pas, une fois de plus, installer une nouvelle technologie et puis partir. Nous veillerons à la formation de nombreux individus pour que les Autochtones reprennent en main leur production énergétique et que de nouveaux emplois verts soient créés. Les panneaux solaires que l’on utilise sont également de bons supports visuels pour l’expression artistique. On peut ainsi développer plusieurs moyens afin que les Autochtones puissent s’approprier leur technologie », dit Mme Morton.

Elle rappelle qu’historiquement la production énergétique n’est pas très attractive pour les premières nations, que ce soit avec l’uranium ou l’hydroélectricité, les Autochtones ont plutôt subi que développer. Elle insiste également qu’elle n’a pas rencontré de leaders plus passionnés que les représentants autochtones quand il est question de ressources renouvelables. Elle cite pour exemple la communauté la plus à l'ouest de la Colombie-Britannique, Hesquiaht, qui se prépare d’ici trois ans à réduire de 100 pour cent sa production d’énergie utilisant le diesel avec des nouvelles technologies, et où les éoliennes vont même prendre la forme de totem. « Nous optons pour une installation complète au sein des collectivités, nous ne voulons pas du syndrome de laisser pour compte. Alors nous collaborons avec l’ensemble de la population pour développer un système où se combine généralement plusieurs sources d’énergie renouvelables comme la micro hydro électricité, l’éolienne et le solaire. »

Pour l’instant il y a une dizaine de projets plus ou moins avancés dans leur développement. Mme Morton assure que les TNO sont aussi dans la course avec une communauté qui les a contactés récemment pour développer un projet. Selon elle dans le Nord, quand on n'a pas de soleil on n’en a pas, mais quand c’est la saison on est vraiment servi. Continuant à promouvoir son produit, elle assure que c’est 12 pour cent de la facture d’électricité totale d’un foyer qui peut être absorbé par un seul chauffe-eau solaire. Elle mentionne que la subvention du gouvernement fédéral avoisinera les 11 000 dollars pour chaque installation alors que le coût du chauffe-eau se situe de 8 à 10 000 dollars.