Services en français : Et ils ont coopéré…

25 octobre 2012
0 Commentaire(s)
Quelques minutes avant le dépôt du plan stratégique à l'Assemblée législative, le ministre responsable des langues officielles, Jackson Lafferty sert la main du directeur général de la Fédération franco-ténoise, Léo-Paul Provencher.
(Photo : Maxence Jaillet)

Quelques minutes avant le dépôt du plan stratégique à l'Assemblée législative, le ministre responsable des langues officielles, Jackson Lafferty sert la main du directeur général de la Fédération franco-ténoise, Léo-Paul Provencher. (Photo : Maxence Jaillet)

Le plan stratégique sur les communications et les services en français déposé par le gouvernement des TNO se veut le fruit d’une coopération sans précédent.

 

C’est le mercredi 24 octobre que le ministre responsable des langues officielles aux Territoires du Nord-Ouest a déposé à l’Assemblée législative, le plan stratégique sur les communications et les services en français du GTNO. Un long nom pour désigner le document qui servira à guider les ministères territoriaux à élaborer et finalement offrir des services améliorés en français à la communauté francophone des TNO. Ce plan ne vise pas servir tous les Ténois, mais bien à répondre aux besoins des communautés francophones où la demande est jugée importante. Il cible donc pour l’instant les quatre collectivités ténoises possédant déjà une certaine vitalité de la langue française, soit Yellowknife, Hay River, Fort Smith et Inuvik.
Après avoir déposé le document en chambre, le ministre Lafferty s’est dit heureux d’avoir enfin conclu cette étape : « Cela a nécessité de la collaboration entre la Fédération franco-ténoise (FFT) et mon ministère. […] Nous ne pouvons pas le faire seuls, je l’ai toujours dit! Maintenant, nous avons un vrai partenaire et désormais nous avançons ensemble. Nous voulons être ouverts, transparents et responsables ». Le ministre a souligné l’importance pour ce gouvernement d’adopter une vision à long terme envers la francophonie, mais également envers les autres langues dont il est responsable. Ce plan et cette collaboration avec la francophonie, avance-t-il, pourraient faire ressortir les meilleures pratiques afin de les retransmettre aux langues autochtones des TNO.
Le directeur du Secrétariat aux affaires francophones, une administration mise sur pied pour s’assurer que les lignes directrices du plan soient appliquées, explique qu’avec le dépôt de ce document, c’est la phase I du plan stratégique qui vient de s’achever. « La phase I, expose Benoît Boutin, c’était l’ébauche de ce plan avec la consultation et les discussions avec la Fédération franco-ténoise qui ont débuté en 2010. Au printemps 2012, ces discussions ont conclu à ce plan stratégique que le ministre a déposé aujourd’hui. La phase II, commence aujourd’hui, et c’est la mise en œuvre du plan stratégique. »

La phase II
Dans le document maintenant accessible au public, il est écrit qu’il faudra mettre en œuvre deux règlements pour assurer le cadre législatif et réglementaire de cette amélioration des services et des communications. Un des deux règlements définira les collectivités représentant une demande importante du point de vue des services et des communications en français, alors qu’un examen mené tous les quatre ans pourra en changer la liste. L’autre règlement veillera à la vocation des bureaux qui offrent des services au public.
Du côté administratif, un plan de communication devra nécessairement être mis en place pour informer les ministères et le public du plan stratégique. Et dans chaque ministère et organisme du GTNO, un plan annuel devra être dressé afin d’implanter ce plan stratégique.
Malgré le dépôt de ce mercredi, M. Boutin révèle que c’est au 1er avril 2013, que la mise en œuvre va vraiment s’amorcer au sein de l’organisation gouvernementale. « Ça n’empêche pas de débuter le travail maintenant, mais les ministères à partir du 1er avril 2013 vont devoir commencer à préparer leur plan annuel. » Pendant ce temps là, ce sera au Secrétariat de préparer le plan de communication et d’effectuer le travail préliminaire afin d’assister la bureaucratie ténoise.

De ce plan stratégique, il se dégage une satisfaction partagée par les deux parties. À en croire le communiqué conjoint du gouvernement et de la FFT, la communauté francophone trouve son compte dans la mise en œuvre future de ce plan alors que le GTNO est heureux d’avoir établi des normes de service rigoureuses pour répondre à ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles. Le président de la FFT, Richard Létourneau mentionne que l’élaboration du plan est une réussite notable dans l’histoire des relations entre le GTNO et la FFT. Selon lui, le plan est « le fruit d’un travail de négociation franche et de collaboration responsable, autant dans l’intérêt public que dans celui de la francophonie ténoise ». Stipulant que la communauté francophone est un acteur important de la société septentrionale ainsi qu’un participant actif à son développement social, économique et culturel, Richard Létourneau ajoute que le plan est à même d’accroître les possibilités qui s’offrent aux Franco-Ténois, alors que la communauté apportera activement son soutien à la mise en œuvre du plan.
C’est en 2006 que le GTNO a initialement été ordonné, par le jugement Moreau, d’établir un plan global de mise en œuvre afin que les communications et les services en français territoriaux soient conformes à la Loi sur les langues officielles.