Rétrospective 2011 : Environnement

06 janvier 2012
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Des innovations… à pas de tortue

L’année 2011, au chapitre de l’environnement, a été rythmée par l’éclosion de plusieurs projets sans que beaucoup d’entre eux n’aient été acceptés.

D’abord, fin janvier, le projet de gazoduc du Mackenzie a défrayé la manchette. La 16e Assemblée législative avait avancé l’idée d’instaurer une taxe sur le carbone et aussi de mettre en place le projet d’un gazoduc. Les élus ont jusqu’en 2015 pour commencer la construction d’éventuelles structures. C’est au cours de l’été que l’Assemblée devait présenter sa stratégie en ce qui a trait aux gaz à effet de serre.
L’Aquilon a interrogé la population francophone au sujet du gazoduc. Jeunes et moins jeunes semblaient très sceptiques quant aux bienfaits du projet sur la faune et l’environnement. Beaucoup de questionnements restent à éclaircir à ce sujet.

Le Grand Nord canadien regorge de mines et de gisements qui ont longtemps été exploités par le passé et qui sont taris aujourd’hui. C’est le cas de la mine d’or Giant, tout près du centre-ville de Yellowknife. La mine, en attente d’être détruite, a été l’objet d’études en février dernier. En effet, en 2004, lors de la fermeture du chantier minier, on avait décidé d’utiliser une technique de réfrigération des déchets toxiques produits.
Près de sept ans plus tard, une étude au coût de 20 millions de dollars a pour but d’analyser l’efficacité de cette technique de réfrigération au moyen de thermosiphons et de canalisations. Des chambres souterraines ont été utilisées pour congeler la poussière de trioxyde de diarsenic produite par le travail d’extraction de l’or. L’étude vise également à estimer le temps de congélation de ces produits chimiques et leur conservation.

Le ministre de l’Environnement, Peter Kent, était de passage dans la capitale territoriale en février afin de présenter un programme de financement du système météorologique. Des fonds de 35 millions de dollars, sur cinq ans, permettront d’assurer une amélioration des renseignements météorologiques aux TNO. Ce projet vise une meilleure surveillance environnementale ainsi que des informations climatiques plus précises, notamment dans les prévisions maritimes et sur l’état des glaces, qui sont des données importantes pour les collectivités autochtones et les navigateurs.

Un référendum a soulevé les foules en mars, sur un autre projet mettant en scène une ancienne mine. Les résidents de Yellowknife ont dû se prononcer sur l’idée de transformer la mine Con en centre de géothermie. La municipalité prévoyait emprunter près de 49 millions de dollars afin de construire un système de chauffage pour les édifices du centre-ville.
Le gouvernement fédéral était prêt à soutenir le projet avec 15 millions de dollars et les autres frais du projet de construction géothermique, au coût de 60 millions de dollars,
devaient être assurés par un partenaire privé. Cependant, le maire de la ville, Gordon Van Tighem n’a pas réussi à convaincre ses citoyens des bénéfices de l’initiative. Les 1362 « non » contre 997 « oui » ont retourné le projet au banc des oubliettes.
Mais alors qu’on croyait le projet de la mine Con mort et enterré, voilà qu’il refait surface en juin, alors qu’une entreprise canadienne se porte volontaire pour financer et administrer le système de chauffage géothermique.
C’est Corix Utilities, une entreprise de la Colombie-Britannique qui s’est vue décerner le projet alors que quatre autres entreprises se le disputaient. Il a été entendu que la ville, bien qu’elle ne soit pas partenaire financière, aura un droit de regard sur la construction du système par Corix.

Du côté d’Ecology North, l’année 2011 a été une année de déception puisque l’organisme n’a pas réussi à obtenir le financement nécessaire pour mener à terme ses initiatives. De plus, elle a dû faire face à une diminution de son personnel, notamment en lien avec son Programme d’adaptation aux changements climatiques. Doug Ritchie, employé depuis sept ans dans l’organisation, a donc dû laisser sa place, au grand désespoir de plusieurs. Les importantes coupes budgétaires que le gouvernement Harper a menées dans le domaine de l’environnement en inquiètent d’ailleurs plus d’un.

Enfin, Ecology North a toutefois pu tenir, en novembre dernier, le Young Leader’s Summit on Northern Climate Change, qui a réuni près d’une cinquantaine des jeunes des collectivités autochtones et des régions du Nunavut, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest. Les jeunes ont pu partager leurs expériences dans la lutte aux changements climatiques ainsi que les observations faites dans leurs collectivités.
C’est également durant le sommet que l’administration Obama a décidé de renvoyer le projet du pipeline Keystone XL, reliant l’Alberta au Texas, à la table à dessin. Petite victoire pour les jeunes environnementalistes qui y voient une bataille de gagnée et non la guerre.

Enfin, deux belles initiatives environnementales ont également marqué l’année 2011. D’abord, la mine de diamants Diavik, au terme de plusieurs années de recherches, a décidé d’utiliser l’énergie éolienne pour faire fonctionner l’entreprise. En 2012, quatre turbines devraient être construites qui produiraient au total 9,2 mégawatts d’électricité. Fonctionnant auparavant avec l’énergie diesel, les dirigeants de l’entreprise minière ont décidé de procéder à un virage vert.

Pour sa part, la municipalité de Hay River veut intensifier son système de recyclage. La ville prévoit installer des bacs de recyclage pour les contenants de verre et de plastique un peu partout au centre-ville. Un guide sur le tri devrait également être remis au goût du jour pour aider les citoyens qui doivent se rendre au centre de tri pour faire leur recyclage. L’initiative qui a plusieurs fois été dans les idées du conseil municipal devrait prendre son envol pour la nouvelle année.